Week-end à Saint Jodard les 21 et 22 juin

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Publié le 24 juin 2014 Aucun commentaire

Avec les Alternatives Catholiques (Manon C. Manon Desportes, Gaultier B., Paul C. Chloé C. Anne-Gaëlle de L., Joséphine G. Marguerite S., Thomas G.) et CSM (Citoyenneté et Spiritualité Musulmane) : Stéphanie L. Khalid, Nouredine, Khalid, Hatim, Eric, Sylvain, François C.

La journée s’est ouverte le samedi 21 juin par une présentation de la communauté Saint Jean et du monastère par un frère. S’ensuivit une visite des lieux : chapelle, réfectoire, salles de cours, etc. De retour à notre salle de travail, nous avons commencé par nous présenter chacun à notre tour : au fur et à mesure des rapides portraits que nous faisions de nous, esquissés en quelques mots, se sont dévoilés des parcours différents et une attente de rencontre réelle avec l’autre. Ensuite, au travail ! Le programme est chargé. Le premier thème abordé est celui de la laïcité.

I – La Laïcité

Le Point de vue musulman (Hatim)

La thématique de la laïcité a ressurgi depuis les 25 dernières années avec une plus forte visibilité de la foi ? Il faut tout d’abord contextualiser le débat français :

La loi 1905 a été promue par le principe de la tolérance. Il s’agissait de reconnaître la liberté de conscience de chacun et qu’il y ait une égalité dans l’Etat face aux différentes religions. àLes conséquences en sont connues : il y a la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Celui-ci se doit d’être neutre et de reconnaître tous les cultes. Cependant, c’est une loi qui traite des entités changeantes que sont les institutions religieuses. Il y a eu de fait une perpétuelle négociation dans cette loi : un jeu d’influences mutuelles a enrichi et déplacé la portée de cette loi.

Suivons les analyses de Jean Baubérot, auteur d’une Histoire de la Laïcité[1]: la laïcité est fantasmée à L’intégrisme républicain s’insurge contre les accommodements d’une loi qu’ils jugent rigide alors que la loi portait une dynamique différente à l’origine. Elle permet la nuance ! Cf. Concordat Alsace – Lorraine, de l’Algérie française…

Quelles sont alors les conséquences à tirer de la loi 1905 ?

–       Promouvoir une complète liberté de conscience : l’individu est responsable totalement de ses choix.

–       L’Etat reste la source unique du droit

–       Il faut penser pour l’organisation de la société trois espaces et non plus deux (publics / privés) : 1 – privé ; 2 – public et social (société civile) ; 3- public de l’Etat. à La religion est à placer dans la sphère publique civile, espace qui lui permettrait non pas d’être invisible mais de s’épanouir, sans empiéter sur la neutralité que se doit l’Etat.

Pour Marcel GAUCHET, un bon citoyen dans l’espace public est celui qui est porteur de la « religion civique ». Malheureusement le « désenchantement » (Weber) des religions a aussi touché cette religion civique… Les individus tentent alors de la réenchanter : c’est l’engouement pour l’humanitaire, pour le service, pour le « lien social »… à Quelle dynamique les croyants doivent dès lors enclencher pour retrouver leur place dans les débats ? Les débats de la société civile sont, avant d’être des débats politiques,des débats civils, éthiques, moraux. Les religions ont toute leur place dans ces débats. Les religions devraient se réinscrire dans la laïcité pour revivifier les idéaux de la société ?

Questions

–       François : La situation belge met en place la neutralité. Les crispations ne sont pas autour de la laïcité mais dans des conflits entre Wallons et Flamands. à Cela reste un même questionnement autour de l’identité. Serait-ce une même crise, derrière des enjeux différents ? Gaultier : Neutralité signifie invisibilité pour les français, non pas coexistence. Cf. Du Bon Usage de la laïcité… Cela ne peut être un modèle satisfaisant dans l’acception du mot en France.

–       Paul :Peut-être que le religieux n’est pas contre le politique mais peut nourrir le politique. Cf. Rémi Brague : Modérément Moderne. La modernité est pour lui comme un parasite : elle se greffe sur ce qui fait sens, l’aspire jusqu’à risquer de le détruire et se détruire lui-même. Ex. le concept dignité de la personne humaine repris par l’ADMD. à C’est le paradoxe du laïcisme : il tarit le religieux parce qu’il s’en nourrit pour le combattre. Cf. Ferdinand BUISSON : la laïcité est une vision religieuse pour remplacer le christianisme, conçu comme structure traditionnelle de la société française. Il y a un balancement entre tolérance et invisibilité.

–       Gaultier : il faut distinguer le culturel du spirituel. Cette distinction n’est pas évidente à Y ajouter les phénomènes sociaux.

–       Hatim : L’avenir est à l’intercultuel… Pas à l’interculturel. De la part des migrants de deuxième génération, on assiste à une vraie perte de la langue arabe.

–       Quel avenir pour la laïcité à la française ? Le concept de la laïcité a été construit de manière violente à partir de la Révolution française, avec une sacralisation républicaine dirigée vers le haut. à L’arrivée massive de musulmans de manière visible est une nouveauté des années 60s. Pour rendre compte de cette évolution, il faudrait changer son système ? Mais dans la grande faiblesse de cette construction, érodée par les aléas des époques, il y a risque de la faire s’effondrer. C’est pourquoi les laïcistes s’y arcboutent, de peur de tout y perdre.

DEJEUNER

La conception de la laïcité chez les Catholiques (Paul)

On doit distinguer un double niveau de réalité : 1 – la loi 1905 ; 2 – l’idéologie de la laïcité, qui Implique une certaine vision de l’histoire.

Le catholicisme pose un problème particulier à l’Etat : il fait figure d’allégeance à une autorité étrangère puisque les croyants font appel au Pape. Du fait que la majorité des musulmans sont des immigrés ou des descendants d’immigrés, le problème est reporté : leur allégeance ne va-t-elle pas plutôt à leurs pays d’origine ? La Révolution française a créé le concept de « nation » : c’est cette nouvelle communauté nationale, à laquelle l’individu appartient et dans laquelle il doit être détaché de ses appartenances personnelles. à Les débats autour du voile ? Il fait ressurgir les peurs de l’idéologie laïciste. Cette pensée sacralise la laïcité en elle-même, et demande la neutralisation de l’espace public. La seule attache de l’individu serait la nation, et maintenant, elle devrait être une citoyenneté européenne, mondiale… Cf. un site comme http://ripostelaique.com/ qui veut refouler le religieux hors de l’espace public.

Dès lors, comment penser la laïcité sans la sécularisation, c’est-à-dire sans que la société civile soit neutre ? L’Eglise propose la laïcité comme ce principe qui offre la possibilité d’une participation des croyants et des non croyants à l’espace public : celui-ci ne doit pas être neutre donc mais être un lieu de confrontation. La laïcité doit être alors un tremplin pour la prospérité des religions, à partir de la notion chrétienne de laïcat.

L’idéologie laïciste demande au contraire d’effacer la religion de l’espace public : il y a une interdiction des signes ostentatoires, des processions de rue, contre l’enseignement catholique… Cependant, ces mesures font de la religion une secte ! Alors même que les religions institutionnelles sont considérées comme des interlocuteurs (cf. les représentants de diverses religions ont été invité au Parlement à propos du Mariage pour tous).

La définition offerte par la loi 1905 demande la neutralité du service public mais non pas de la société civile ! Il faut remettre en avant la nécessité de la participation des institutions religieuses au débat public. Cf. Doctrine Sociale de l’Eglise §189 – 191 : la participation est un devoir, et ce débat dépasse largement le seul vote. Cf. L’entretien entre Benoît XVI et Habermas : l’espace public doit être ouvert à la participation des croyants. Ils ont leur mot à dire.

Quel est l’apport de la laïcité alors dans l’esprit de 1905 ? Elle est un tremplin pour les religions si on la saisit à partir du laïcat. à Quels sont les enjeux politiques à propos desquels les catholiques doivent légitimement prendre position ? « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Luc, 20 ; 20). L’enjeu ? Cela définit une antipolitique. Distinguer entre ce qui est à César ou non. Qu’est-ce qui n’est pas à César ?

–       La Dignité de la personne humaine

–       La Liberté

–       La Vérité

–       Le Sacré

Ce sont des débats dans lesquels les religions doivent s’inscrire pour le fonctionnement de la laïcité, soit la participation, pour que chaque point de vue puisse se faire entendre.

La Communauté doit être au service du Bien Commun : il faut lutter contre une forme d’universalisme abstrait et donc éviter la rhétorique antiphobique. Celle-ci fait entrer dans l’espace public sous la bannière de sa seule particularité et fait le jeu de ceux qui dénoncent un communautarisme des communautés religieuses. Il faut ainsi privilégier les principes universels à défendre.

Questions :

–       Cf. BETTENHEIM La Forteresse vide. Rhétorique laïque : une forteresse. Ne pas s’attaquer à celle-ci : car c’est le dernier lieu de vie. Travail autour, de sape : par les principes, pour quelque chose. Passer de la polarisation à la construction. à Long terme.

–       Islamophobie, cathophobie… Pour des actions d’urgence. Cf. Identité apaisée : en réponse à L’identité malheureuse de Finkielkraut.

–       Il y a deux attitudes face à la laïcité : soit un repli communautaire, soit une construction dans le long terme, dans le vivre ensemble. On voit que le rapport à la laïcité est exacerbé. Il faut la ramener à une juste mesure, au cas par cas.

L’image médiatique

Boîte à outils pour qu’une association porte des fruits… (Nassera)

I – Quelques grands principes de l’action collective

Quelques mots clefs à retenir pour qu’une action soit porteuse :

–       Rencontre : il faut construire de la relation avant toute action et développer un langage commun.

–       Intelligence collective : les techniques de brainstorming et d’ateliers permettent plus de fécondité.

II – Les organisations

Quand on veut monter un projet ? 1 – établir un diagnostic à Quelle est la situation à date : Quelle est l’identité des acteurs? Quels messages sont véhiculés ? Quelles sont les cibles ? à 2 – Temps de la vision : quels objectifs se fixe-t-on ? Il ne faut pas établir de contrainte à ce stade, ce serait immédiatement rogner les ambitions et la créativité des acteurs.

Un outils pour juger la faisabilité du projet ? SMART :

–       Spécifiques (à propos).

–       Mesurables (nécessité d’indicateurs).

–       Objectif Atteignable (ressources et contraintes à date).

–       Objectif Réalisable.

–       Temps.

II – Les techniques en tête à tête

1 – Sensibilisation 2 – Messages à donner selon les cibles (à travailler donc). 3 – Relais (donner l’envie de participer, relancer l’intérêt avec une ouverture).

Pour mettre en place des objectifs valables :

–       Être centré sur l’autre, non sur soi.

–       Parler : 1 – le langage de l’autre. 2 – en besoins.

Plusieurs étapes guident ces entretiens :

–       1 – Contact (d’où nécessité de connaître les besoins).

–       2 – Comprendre (qui est l’interlocuteur).

–       3 – Construire (la récurrence : par étapes, avec des résumés).

–       4 – Plan d’actions : moment des objections qui montrent l’intérêt de l’interlocuteur (analyser peurs, doutes, incompréhensions…). Cf. ADERA : Accepter, Découvrir, Expliquer, Répondre, Accepter.

Questions

Le problème des associations est plutôt la loi 1901 que celle de 1905 : cette loi a détruit les associations en les renvoyant à la seule société civile sans outils.

L’image médiatique des catholiques en France (Anne-Gaëlle)

Saisir une image médiatique, c’est en accepter l’ambivalence. Diffuser des informations à son sujet fait plaisir au public concerné, ici les catholiques, heureux de voir les canonisations, les messes, etc. retransmises. Et en même temps, c’est voir à chaque fois la réalité de ce qui est diffusé comme déformé de manière réductrice. Cependant, qu’est-ce qui fait saillie dans cette image ni satisfaisante ni totalement insatisfaisante ?

Le catholicisme français est présent dans les médias à travers plusieurs événements et figures :

–       Le Pape : il crée un buzz médiatique autour de lui, en particulier depuis Jean-Paul II. C’est une figure adulée pour sa portée morale, pour son engagement humain… Et décriée pour son intransigeance conservatrice. C’est l’individu qui représente plus que toute autre le catholicisme au niveau mondial.

–       Au niveau français, on peut noter plusieurs types de représentants :

Les spécialistes : ces prêtres et évêques invités sur les plateaux lors de retransmissions de messes, de crises, etc.

Les figures du catholicisme français : Mgr Barbarin, Jean Vannier, Sœur Emmanuelle, Abbé Pierre, Mgr. André 23, Abbé Grosjean, Mgr Lustiger, etc.

Les nouvelles figures issues de l’an dernier : Ludovine de la Rochère, Frigide Barjot, Karl Zéro, Basile de Koch, Abbé Grosjean, Tugdual Derville… à Ces figures sont plus largement celles de laïcs ! C’est une nouveauté.

Quand on parle d’une image médiatique on parle de valeurs :

–       Valeurs positives : l’engagement pour les plus pauvres (Croix rouge, secours catholique, CFDT, etc.), la qualité de l’enseignement dans les écoles avec son attention à la personne, la paix.

–       Valeurs négatives : les catholiques sont réactionnaires (anti avortement, euthanasie, contre le mariage des prêtres, l’ordination des femmes, etc.), ils sont du passé, ils sont fermés puisque dogmatiques et donc sans liberté, leur apport n’est qu’une morale compassée, peu en phase avec le présent.

Valeurs qui sont tout à la fois vraies (oui l’Eglise est contre l’IVG, etc.) mais il est dommage de la réduire à cela ! La morale ne doit pas être la première image à donner du catholicisme !

Quelle image pour l’avenir :

–       Réformer la vitrine du catholicisme : que ce soient des laïcs en porte-parole plutôt que des religieux, que la foi se présente sous une apparence de qualité (travail sur les sites, sur les réseaux sociaux…)

–       Montrer une image dynamique, jeune (élan déjà apporté par la Manif pour tous)

–       Changer les mots clefs du catholicisme : qu’il cesse d’être « anti ». Il faut reprendre à notre compte la notion de « dignité », de « choix », de « liberté », de « meilleur », etc.

FIN DES DEBATS du JOUR. Visionnage après le dîner du film « Jérusalem » (documentaire de 47 min.)

DIMANCHE 22 JUIN

BALADE

MESSE

DEJEUNER

Echanges sur le plan politique

L’écologie intégrale (Gaultier Bès de Berc)

Présentation de Nos Limites et d’Espérance Banlieue.

Nos contemporains pensent une société sans limite : il est pourtant essentiel de les repenser ! C’est un des services que les croyants peuvent rendre à la société : il faut rappeler à nos sociétés la finitude, les limites de l’humanité, montrer qu’il faut accepter la nature telle qu’elle est, la faire s’épanouir en la rendant à même pour lui d’y vivre : l’homme ne doit pas dompter la nature, il est le « gardien » de la création pour la transmettre.

En réaction à la volonté de domination de l’homme, certains discours écologiques portent un discours contre l’homme : ce sont des discours de disparition. Comme l’être humain est nocif, il faut réduire le nombre de personnes, l’homme serait une espèce parmi d’autres. On appelle ces discours l’idéologie de l’anti-spécisme : le spécisme serait une discrimination fondée sur l’espèce (comme le racisme, le machisme…) qu’il faudrait donc éradiquer comme injuste.

èL’homme, au contraire, n’est pas tout puissant mais a une place éminente.

Humanité et humilité viennent tous deux de « humus », la terre. Adam est le « terreux », cet être issu de la terre. On doit donc penser la distinction homme / monde mais en sachant qu’il faut défendre les deux. Pour respecter ces deux aspects de notre monde, il faut arrêter d’avoir l’obsession de la croissance, de la technique.

Avec le libéralisme, avec mai 68, il y a eu un rejet des limites. Mais pourtant, il restait la conscience que le corps humain est limité : la technicisation apporte sa réponse pour dépasser nos limites. Chaque invention donne lieu à un nouveau marché : la gratuité devient argent. Ex. La procréation : l’enfant est créé, acheté (GPA, firmes d’insémination…).

Notre condition est que nous sommes mortels : c’est une réalité à rappeler. Cf. Un des projets de Google est de « tuer la mort » ! On retrouve cette envie dans le transhumanisme qui œuvre à l’hybridation de l’homme et de la machine. L’évolution technologique est cependant tellement rapide que le cerveau humain n’arrive pas forcément à suivre… Cf. Stephen Hawkins: ce physicien a écrit une tribune pour poser la question qui se posera dans le futur, soit comment dominera-t-on la technique ?

Dès lors notre futur n’est pas dans l’idée reconduite d’une croissance, d’une substitution des énergies (les verts)… Mais il nous faut remettre en cause nos modes de vie. Les équilibres naturels sont fragiles : il faut les préserver, les repenser.

Questions

Pour les musulmans, ils nomment « philosophie bestiale » la société actuelle où il s’agit juste de produire et consommer. à Les musulmans pensent eux aussi les limites de ces projet de société. L’indicateur actuel est celui du le développement économique. Pourquoi ne pas choisir l’idée de développement humain ? De même, l’homme est mis au centre de la création. Il doit y trouver sa juste place.

Cependant, n’y a-t-il pas un bien intrinsèque à l’idée de développement (sanitaire, civil…) ? Peut-on ainsi condamner l’envie du développement. Si on se réfère à la parabole des talents ne faut-il pas persévérer dans les recherches pour nous amener à un plein épanouissement ? à C’est un questionnement éthique peu évident quant aux limites à poser.

Conclusion

–       François : un grand merci. J’ai été très touché par l’accueil.

–       Rhalid : il faut désormais aller vers une action, monter des projets ensemble. Notre réflexion doit grandir pour nous amener à de telles actions ensemble.

–       Nourédine : chaque religion va vers Dieu. Les divergences font grandeur. Il nous faut faire fructifier nos différences.

–       Paul : ce fut un WE d’amitié. J’ai fait cette découverte que les musulmans s’intéressent à l’autre : qu’ils recherchent aussi un enrichissement par l’altérité.

–       Khalid : c’était un WE pour avancer. Il y a des qualités humaines à faire vivre. Il faut oser. Ce fut un beau moment de fraternité.

–       AnneGaëlle : Ce fut un WE motivant et décapant, qui amène à se décentrer de son point de vue pour saisir le reflet qu’offre l’autre de soi.

–       Sylvain : ce fut un extraordinaire WE de rencontre, à reconduire pour mieux se connaître. Ex. Cette étude des 50 premiers pays qui appliquent les principes des textes musulmans. On n’y trouve aucun pays musulman mais les pays chrétiens. On peut noter cependant un renouveau musulman, une vraie reconstruction. Les chrétiens sont plus avancés sur les principes sociaux. Il faut apprendre d’eux. On a vu apparaître plein de causes communes entre chrétiens et musulmans. La laïcité offre plein d’aspects sur lesquels échanger. Il faut surtout mettre en avant les points communs pour trouver des lieux d’action commune.

–       Stéphanie : un beau week-end de rencontres, de partages.

–       Manon Desportes : trois aspects l’ont interpellée :

1 – côtoyer les musulmans lui a permis d’échapper aux préjugés, elle a trouvé en eux un même désir d’engagement pour la France, avec une même conception du bien. Ils aspirent eux aussi à une société où chacun trouve sa place. Sur le plan des réalités si non pas sur la religion, il y a une vraie possibilité d’avancer. Découverte de la spiritualité musulmane.

2 – les catholiques ne sont pas seuls. On pourrait bâtir dans différents quartiers une vraie fraternité, vivace « Seule une communauté est accueillante. » Il faut créer cet accueil.

3 – Il reste du travail et des projets à monter. Lieux d’accueil, d’éducation, d’échanges…

–       Gaultier : il a trouvé dans ce week-end une espérance et l’horizon d’une vraie intégration des musulmans à l’histoire de la France. La France doit être pour tous un même pays, où chacun trouve sa place et y soit utile. Il faut rejeter le communautarisme qui est repli sur soi mais plutôt que ce soit cet esprit de rencontre qui anime le futur. Pour avancer ensemble, Gaultier demande d’oraliser la condamnation des exactions commises par nos coreligionnaires ! Une nécessité des deux côtés pour apaiser les sensibilités.

–       Floriane : merci.

–       Manon Caillosse : elle met en avant le travail pour sortir de la vision extrémiste de l’islam. Réponse de Paul : il faut sortir des catégories simplistes de médias entre progressistes / conservateurs, modérés / extrémistes. Il faut changer de vocabulaire, de référence. Réponse de Gaultier : pourquoi ne pas communiquer sur ce WE ? Beaucoup de personnes le pensaient improbables, impossibles. Stéphanie : nécessité de communiquer.

Manon est arrivée sans attente spécifique. Elle y a trouvé la réalité d’une bienveillance fantastique. « Un des fruits de l’Esprit est la bienveillance ». Ce week-end était une opportunité donnée par Dieu : pour que nous avancions les uns vers les autres.

–       Joséphine : ce WE fait comprendre que si les divisions viennent de la foi, elle apporte aussi les points communs. Il faut se laisser guider par la foi car elle apporte un vrai enrichissement. De ce WE jaillit un appel à construire l’unité, sans nier les différences mais à fonder sur le respect et la foi en Dieu. Cf. Prière du Pape pour la paix et l’unité : ce fut un message sans doute mal compris par les athées mais si réels pour les croyants.

Le Mot de la fin par Paul : il faut comprendre la spécificité de notre WE par rapport à une rencontre bien-pensante. L’enjeu ? Dépasser le modèle de la tolérance pour un modèle plus profond : celui de la « civilisation de l’amour » (Benoît XVI). Il ne faut pas nous tolérer mais nous aimer. L’exigence de l’Evangile va jusqu’à aimer nos ennemis ! Avec lesquels il faut former une société. Au fondement de nos rencontres, il y a la volonté de ne pas tout identifier ou tout séparer. à Pour trouver nos points communs, il faut l’amour et pas la tolérance ou la similarité. Il faut toucher les personnes comme telles.

[1] BAUBEROT, Jean, Histoire de la Laïcité en France, édition PUF, « Que sais-je », Paris, 2006.

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