« Là où je suis, rien ne peut m’atteindre », à propos du Dialogue des Carmélites à l’Opéra de Lyon

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Publié le 26 octobre 2013 Aucun commentaire

Comme beaucoup de membres des Alternatives Catholiques, Floriane s’est rendue à l’Opéra de Lyon pour apprécier la version de Christophe Honoré du Dialogue des Carmélites, adaptation par Poulenc d’un scénario de Bernanos. Elle nous livre sa critique dans ce court article… 

dialogue affiche

 

Illusion provisoire de Blanche, à l’acte 2 du Dialogue des Carmélites ; mais la mort finit toujours par nous atteindre, où que nous soyons, et le Carmel, espoir d’un refuge loin de ce monde si effrayant, ne la protègera pas, ni de ses peurs ni de la mort. L’opéra de Poulenc, représenté en ce moment à l’Opéra de Lyon, nous fait regarder en face notre angoisse devant la mort, en explorant les mystères de la vocation et du martyre, sur le chemin de crête entre orgueil et sainteté. Un texte puissant de Bernanos et une musique complexe et subtile de Poulenc : on se demandait comment Christophe Honoré allait s’en emparer, lui qui nous a habitué aux voix doucereuses de Ludivine Sagner, Catherine Deneuve ou Louis Garrel, dans des comédies musicales qu’on qualifierait volontiers de mièvres (d’aucuns diraient insipides).

Et bien c’est, à mon avis, une très belle réussite ! Sous la direction du réalisateur, l’opéra est bien devenue une « œuvre d’art totale » : théâtre, musique, poésie (et même cinéma à l’arrière-plan) s’y mêlent en un spectacle très émouvant. Christophe Honoré fait réellement jouer ses chanteurs : cette fois, on ne s’ennuie pas à l’opéra. La mère supérieure Henriette de Jésus, qui meurt à l’acte 1, est tout particulièrement époustouflante.  Le décor nous plonge dans le Paris des années 40 (pour un parallèle avec la Résistance, autre combat pour la liberté ?). Les Carmélites n’y sont pas des anges tout de blanc vêtus, mais de véritables personnages de Bernanos, qui mènent le combat jusqu’au bout. Et même sans être amateur de la musique de Poulenc, on a la larme à l’œil, non pas sous l’effet d’un pathos exagéré – la dernière scène est au contraire traitée juste comme il faut, sans fausse note – mais parce que c’est tout simplement beau, très beau.

Auteur : Floriane
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