Lendemain d’ivresse.

        Nous ne nous sommes jamais sentis aussi forts qu’il y a un an. Tout était possible, les blessures de la tyrannie libérale-libertaire étaient en voie de cautérisation accélérée, nous étions prêts à enchaîner, une fois la victoire acquise, avec la chaîne des atteintes à la dignité humaine. Mais de victoire il n’y en eu point.  Et les désastres politiques pleuvent. Les lois les plus terribles ont été votées en l’espace de 6 mois : d’abord la recherche sur l’embryon humain qui permet de charcuter des petits hommes au nom de la Science, puis l’identification de l’avortement avec un banal moyen de contraception, la limitation des sites de réinformation sur l’IVG, et la modification expérimentale des identités de genre à l’école. C’est un désastre, il faut avoir le courage de le reconnaître. Un désastre qui a de l’avenir, puisque le serpent de l’euthanasie guette.

Pourquoi un tel désastre, alors que tout nous était promis il y a un an ? Est-ce la faute au « système », à la « dictature socialiste » ? Presque pas : la culture de mort progresse avant tout sur notre incompétence, sur notre incapacité à faire entendre un message. Un message, nous avons réussi à en faire passer un il y a un an, il était tout simple : la loi ne doit pas priver arbitrairement un enfant de père et de mère. Depuis, plus aucun message ne passe, pourtant l’opacité du prisme médiatique n’est pas moindre. La leçon de l’an passé est pourtant simple : on ne lutte contre un droit prétendument « ouvert aux homo » qu’en traitant à bras le corps la question de la place des personnes homosexuelles dans la société. C’est ainsi que l’on rassure, c’est ainsi que l’on rassemble. De même, on ne peut pas faire l’économie de la question de la liberté des femmes dans l’avortement ; on ne peut faire l’économie de la question de la souffrance dans l’euthanasie ; on ne peut ignorer la violence de certains stéréotypes de genre pour lutter contre le gender. L’ennemi est malin mais les gens sont de bonne foi : ils croient vraiment au droit-des-femmes-à-disposer-de-leur-corps, au droit-à-mourir-dans-la-dignité, etc. Si l’on veut éviter la violence, on doit leur montrer combien le mariage pour tous instrumentalise les homosexuels pour inverser le statut de l’adoption, combien l’avortement est contraire à la liberté des femmes quand celles-ci y sont contraintes par leur conjoint voire leur emploi, combien l’euthanasie implique de faire pression sur les libertés individuelles par la mise en place d’un système public d’incitation au suicide. L’ennemi se prend à contre-pied, pas à contre-temps. A temps et à contre-temps disait Saint Paul, cela ne signifie nullement : toujours à contre-temps.

Gare à cette passion de l’échec, qui se fait passer pour ferveur révolutionnaire ou pour esprit prophétique !

Paulux69
Auteur : Paulux69

Paul, Président des Alternatives Catholiques.

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3 réflexions sur “ Lendemain d’ivresse. ”

  1. Oui… mais encore un effort ! Au nom de l’Evangile (et pas par concession au temps…), les chrétiens doivent commencer par écouter, écouter vraiment, ce que disent les gens et non par condamner, persuadés qu’ils dont les seuls à avoir raison. C’est bien le problème de bien des personnes descendues dans la rue l’an passé. Crier leur conviction sans entendre ce qu’il y a de juste (ce n’est pas que la bonne foi des personnes…) dans leur questionnement. Nous avons perdu absolument tous les combats depuis 40 ans… n’est-il pas temps de se réveiller ?

  2. Très bel article, qui fait un juste constat de nos échecs. Cependant il est difficile de mesurer à quel moment se fera le retournement de tendance.

    Selon le Nouvel Observateur (Nouvel Imposteur, plutôt) pau hier, le soutien à l’avortement en France s’éleve à 75%, alors qu’un sondage de mars 2010 indiquait 85%.

    Cela signifie une baisse de 10% en 3 ans du soutien à l’avortement en France.

    Lorsqu’on voit le nombre de jeunes présents dans les manifestations contre la destructuration du mariage, ou même contre la dérive libertaire en général (théorie du genre etc), il faut se dire que nos manifs ont contribué à construire l’avenir.

    Même si l’avenir…c’est pas pour tout de suite.

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