La désertion des éclaireurs

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Publié le 2 août 2011 Aucun commentaire

La parole à Charles de Montalembert (1810-1870), journaliste et député, défenseur infatigable de la liberté de conscience, initiateur du parti catholique. « Du devoir des catholiques dans les élections » (1846) postule que les catholiques n’ont pas une conscience suffisante de leur force. A travers ce manifeste, Montalembert veut la leur donner :


La souveraineté ne réside plus dans la royauté seule, mais dans la nation toute entière ; c’est la nation qui est César : chaque citoyen est une portion de ce César, et on doit à ses droits le même respect qu’à ceux de César. En un mot, César c’est l’État, et l’État c’est nous. Or, il en résulte pour nous, non seulement un droit, mais un devoir, un devoir strict et de premier ordre. Dieu a déposé entre nos mains une portion de l’autorité, de la souveraineté de ce grand pays chrétien. Cette autorité, nous en sommes responsables devant nos enfants, devant notre conscience et devant Dieu.

Comment avons-nous fait notre devoir ?

Volontiers les catholiques blâment le pouvoir et critiquent le Gouvernement. Mais pour avoir le droit de blâmer et de critiquer, il faut être soi-même à l’abri de tout reproche. Vous accusez les dépositaires du pouvoir d’asservir la liberté religieuse, et vous avez mille fois raison. Mais vous, qu’avez-vous fait pour l’affranchir ? […] Trois ou quatre d’entre vous ont combattu pour tous ; vous les avez regardés faire, comme si ce n’était pas de vous qu’il s’agissait ; et vous avez recommencé à blâmer, à censurer, à critiquer, en ayant soin de vous dérober, je ne dis pas seulement à tout danger, mais à toute peine, à toute gêne, à tout sacrifice. De quel droit par exemple feriez-vous un reproche à M. Guizot de ne pas faire pour vous ce que vous ne savez pas faire pour vous-mêmes ? Il n’est pas catholique comme vous et ne croit pas à l’Église, à ses droits, à ses immortelles destinées, comme vous. Au fond, il ne s’est jamais engagé à rien qu’à étudier et à respecter les faits…

Soyez seulement un fait, au lieu d’être une ombre, un bruit ou une ruine.

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