{"id":7724,"date":"2018-06-26T14:42:23","date_gmt":"2018-06-26T12:42:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/?p=7724"},"modified":"2018-10-10T09:11:26","modified_gmt":"2018-10-10T07:11:26","slug":"jacques-cazeaux-transmission-ou-tradition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/?p=7724","title":{"rendered":"Jacques Cazeaux &#8211; Transmission ou tradition"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\">TRANSMISSION OU TRADITION<\/h1>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><em>le secret du vallon<\/em><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Transmission\u00a0? le message passe identique d\u2019un camp \u00e0 l\u2019autre. Tradition\u00a0? le message passe d\u2019un homme \u00e0 un homme, de fa\u00e7on souple et attentive de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, sachant que malheureusement le mot \u00ab\u00a0tradition\u00a0\u00bb a fini par rejoindre et d\u00e9passer la raideur de la \u00ab\u00a0transmission\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par d\u00e9finition, les textes dits sacr\u00e9s, fondateurs des religions, veulent atteindre en chacun le sens aristocratique le portant vers l\u2019un et le meilleur. Ils sont donc sujets du dilemme transmission et tradition\u00a0: d\u00e9sir de pure transmission, puisqu\u2019il touchent l\u2019ab\u00adsolu, et tradition, puisqu\u2019ils s\u2019adressent \u00e0 des libert\u00e9s. Le cas des \u00c9critures d\u2019Isra\u00ebl est original. \u00c0 bien lire, elles t\u00e9moignent en elles-m\u00eames d\u2019une premi\u00e8re refonte, d\u2019un mouvement r\u00e9fl\u00e9chi livrant des r\u00e9cits ou des paroles qui sont revus et r\u00e9fl\u00e9chis et in\u00advestis \u00e0 m\u00eame leur transcription dans un nouveau discours. On doit certes les donner aux fid\u00e8les en \u00ab\u00a0tradition\u00a0\u00bb, mais elles ont d\u00e9j\u00e0 b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une premi\u00e8re tradition, d\u2019un jeu entre le gardien et donateur des archives et le scribe proph\u00e8te, un duel dont elles ont soigneusement laiss\u00e9 voir les stigmates\u00a0<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>\u2013\u00a0 Des ph\u00e9nom\u00e8nes litt\u00e9raires<\/strong> <strong>\u00e0 l\u2019id\u00e9ologie<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La Torah, les Proph\u00e8tes, les \u00c9crits, dont le dit NT, le gros des \u00c9critures est polaris\u00e9 par la royaut\u00e9, mais en style s\u00e9mitique, sans concept, ni d\u00e9finition. Natu\u00adrel\u00adlement, la question du roi comme telle se fait \u00e9vidente \u00e0 partir de la demande d\u2019Isra\u00ebl d\u2019avoir un roi comme les Nations (<em>I\u00a0Samuel<\/em>, ch.\u00a08).<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais on peut d\u00e9j\u00e0 deviner cette obsession de la Bible \u00e0 partir du livre de <em>Josu\u00e9<\/em>, o\u00f9 s\u2019amorce en clair la r\u00e9flexion concernant le statut politique d\u2019Isra\u00ebl. \u00c0 partir de l\u00e0, nous aurons une narration qui aura l\u2019air de suivre une chronologie conduisant de l\u2019entr\u00e9e des H\u00e9breux en Canaan (<em>Josu\u00e9<\/em> et <em>Juge<\/em>) jusqu\u2019\u00e0 leur sortie, l\u2019Exil final \u00e0 Babel (<em>Samuel<\/em> et <em>Rois<\/em>). Ces livres suivent comme \u00e0 chaud les r\u00e8gnes successifs ou parall\u00e8les. Nos bibles les appellent \u00e0 tort \u00ab\u00a0Livres historiques\u00a0\u00bb, alors que la bible h\u00e9bra\u00efque les intitule \u00ab\u00a0Premiers proph\u00e8tes\u00a0\u00bb, ce qui d\u2019embl\u00e9e en dit bien plus long et bien plus vrai sur la \u00ab\u00a0tradition\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 la suite de cette histoire-pr\u00e9texte, vient le rouleau des Proph\u00e8tes \u00e9crivains, les trois plus longs, <em>Isa\u00efe<\/em>, <em>J\u00e9r\u00e9mie<\/em> et <em>\u00c9z\u00e9chiel<\/em>, et les douze \u00ab\u00a0petits proph\u00e8tes\u00a0\u00bb (selon le nom\u00adbre sacr\u00e9 des Tribus d\u2019Isra\u00ebl), <em>Os\u00e9e<\/em>, <em>Jo\u00ebl, Amos<\/em> etc. Tous se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 tel ou tel roi, et la plupart le morig\u00e8\u00adnent.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le troisi\u00e8me volume de la Bible appel\u00e9 \u00ab\u00a0\u00c9crits\u00a0\u00bb, pourtant compos\u00e9 de r\u00e9dac\u00adtions libres et ind\u00e9pendantes comme de petits romans, n\u2019est pas en reste. <em>Ruth, Esther, Judith<\/em>, mettent en cause le roi sous un angle chaque fois diff\u00e9rent. De m\u00eame le<em> Cantique des cantiques,<\/em> le <em>Qoh\u00e8let<\/em>, les <em>Proverbes <\/em>(et juste \u00e0 la fin, en contraste avec le portrait de la paysanne parfaite), la <em>Sagesse<\/em>, ces derniers livres attribu\u00e9s \u00e0 Salomon pour le convertir, le faire abdiquer, c\u2019est \u00e0 dire en renier la m\u00e9moire et les folies \u00e0 l\u2019usage des lecteurs. Et m\u00eame <em>Daniel<\/em>, une apocalypse, commence par une longue et subtile dialectique condui\u00adsant en somme \u00e0 la conversion au juda\u00efsme le roi Nabuchodonosor, celui qui avait assi\u00e9g\u00e9 et pris J\u00e9rusalem puis emmen\u00e9 les Jud\u00e9ens en exil\u00a0: ainsi au pr\u00e9sum\u00e9 roi des rois d\u2019Isra\u00ebl, Salomon ambitieux, idol\u00e2tre et moralement d\u00e9chu, r\u00e9pond un roi des rois, mais chez les Nations, qui en sens inverse adore le Dieu d\u2019Isra\u00ebl et abdique. Et ne di\u00adsons rien des <em>Maccab\u00e9es<\/em>, livres tardifs et de langue grecque, qui \u00e9tudient lentement le chemin par o\u00f9 une saine r\u00e9volte d\u2019Isra\u00ebl contre l\u2019hell\u00e9nisation a gliss\u00e9 vers la mise en place d\u2019une nouvelle royaut\u00e9 en Isra\u00ebl\u00a0!<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Que les Proph\u00e8tes et les \u00c9crits qui les longent, pour ainsi dire, soient profond\u00e9\u00adment pr\u00e9occup\u00e9s de ce que fut la royaut\u00e9 en Isra\u00ebl et de ce qu\u2019elle aurait d\u00fb \u00eatre (ou ne pas \u00eatre), la chose est compr\u00e9hensible. Mais en amont il reste la Torah, ses cinq livres, de la <em>Gen\u00e8se<\/em> au <em>Deut\u00e9ronome<\/em>, un vaste document tissu de l\u00e9gendes et de mythes et d\u2019histoire, ant\u00e9rieur \u00e0 la royaut\u00e9 ou \u00e0 ses pr\u00e9alables. Or, par les nobles exemples des trois Patriarches (la <em>Gen\u00e8se<\/em>), puis par la pr\u00e9sentation calcul\u00e9e des p\u00e9rip\u00e9ties tragiques de la Sortie d\u2019\u00c9gypte (<em>Exode<\/em>, <em>L\u00e9vitique<\/em>, <em>Nombres <\/em>et <em>Deut\u00e9ronome)<\/em>, la Torah pr\u00e9vient comme pour la racheter la narration couvrant la sombre \u00e9poque effective des rois; elle apporte le rem\u00e8de avant que la suite d\u00e9crive le mal, et propose une r\u00e9surrection avant le spectacle de la maladie et de la mort.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La <em>Gen\u00e8se<\/em> montre en effet Abraham, Isaac, Jacob, abdiquant\u00a0: la dynastie par l\u2019a\u00ee\u00adn\u00e9 et la possession d\u2019une terre leur sont refus\u00e9es, et le livre finit sur l\u2019exil en \u00c9gypte. Ainsi, comme la sagesse pr\u00e9vient la folie, la saga des trois sages Patriarches veut r\u00e9\u00adpondre d\u2019avance \u00e0 celle des trois premiers rois fous d\u2019Isra\u00ebl, Sa\u00fcl, David, Salomon.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le dernier gros tiers de l\u2019<em>Exode<\/em> condamne le Temple et son or, en d\u00e9crivant lon\u00adguement la fabrication du coffre modeste contenant les Tables de la Loi. Cette Arche est par avance l\u2019antith\u00e8se du Temple que David et Salomon croiront pouvoir offrir \u00e0 YHWH.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le <em>L\u00e9vitique<\/em>, tout brod\u00e9 de pratiques d\u00e9finies destin\u00e9es \u00e0 rendre la sant\u00e9 morale \u00e0 Isra\u00ebl, culmine sur le Jubil\u00e9, le grand Chabbat o\u00f9 se concr\u00e9tise le devoir de garder le Cadastre des 12 Tribus, soit la f\u00e9d\u00e9ration libre, qui est le grand rem\u00e8de aux abus de la royaut\u00e9 et \u00e0 son existence m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les <em>Nombres<\/em> assurent massivement le m\u00eame Cadastre, ce qui revient \u00e0 faire ou\u00adblier la royaut\u00e9 centralisatrice et discr\u00e9tionnaire\u00a0: le proph\u00e8te narrateur y rappelle d\u2019abord une grosse affaire, comment arr\u00eater un d\u00e9but de s\u00e9cession de la part de trois Tribus, s\u00e9cession qui ruinerait le Cadastre, et il laisse en toute fin de son livre une ima\u00adge remarquable, une autre affaire, mais minuscule\u00a0: on permettra \u00e0 cinq femmes de conserver une propri\u00e9t\u00e9 menac\u00e9e de disparition par l\u2019absence d\u2019h\u00e9ritier m\u00e2le, ce qui d\u00e9chirerait un coin du tissu de la F\u00e9d\u00e9ration, du Cadastre, lequel finirait par partir en lambeaux, donnant \u00e9ventuellement occasion \u00e0 un retour de la royaut\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le <em>Deut\u00e9ronome<\/em> propose en son milieu la charte d\u2019un roi, mais sans royaut\u00e9, et de surcro\u00eet le livre entier revient sur les \u00e9v\u00e9nements de l\u2019<em>Exode<\/em>, en les modifiant dans le sens d\u2019une r\u00e9demption apr\u00e8s coup\u00a0 \u2013 un exemple de \u00ab\u00a0tradition\u00a0\u00bb active.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi, Torah, Proph\u00e8tes, \u00c9crits, tout le dit Ancien Testament, complote contre la royaut\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une preuve externe\u00a0: les \u00e9vangiles et le dit Nouveau Testament h\u00e9ritent de bout en bout de l\u2019Ancien. Ils sont en effet sous-tendus par le conflit opposant le <em>Royaume des Cieux<\/em> au d\u00e9sir des Jud\u00e9ens d\u2019avoir un <em>Messie-roi<\/em> (les <em>Rameaux&#8230;<\/em>). D\u2019o\u00f9 le Prologue de <em>Matthieu<\/em>, un diptyque opposant Joseph, l\u2019h\u00e9ritier de David qui abdique, \u00e0 H\u00e9rode, roi \u00e0 l\u2019image de Pharaon massacrant son peuple. D\u2019o\u00f9 le ch.\u00a06 de <em>Jean<\/em>, partant du mouve\u00adment de foule qui mettrait J\u00e9sus sur le tr\u00f4ne, pour aboutir \u00e0 la d\u00e9fection de tous. D\u2019o\u00f9 le proc\u00e8s chez Pilate, marqu\u00e9 par le reniement du c\u00f4t\u00e9 des Jud\u00e9ens, <em>Nous n\u2019avons de roi que C\u00e9sar<\/em>, puis par l\u2019ironie de Pilate, <em>J\u00e9sus, le Nazar\u00e9en, roi des Jud\u00e9ens<\/em>\u00a0: un imposteur de Galil\u00e9e, r\u00e9gion rest\u00e9e hors juda\u00efsme, est donc le roi de Juda, de J\u00e9rusalem, qui pr\u00e9tend au vrai et unique juda\u00efsme\u00a0! D\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9quilibre id\u00e9ologique, proph\u00e9tique des <em>Actes<\/em>, dont tous les r\u00e9cits sont pris entre le premier mot aberrant des disciples, au d\u00e9but<em>,<\/em> <em>Est-ce maintenant que tu restaures le<\/em> <em>royaume d\u2019Isra\u00ebl<\/em>, et le dernier mot du livre<em>,<\/em> Paul enseignant d\u00e9sormais le <em>Royaume de Dieu<\/em>.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette fixation de toute la Bible suppose que ses r\u00e9dacteurs n\u2019ont pas seulement transmis des Archives. Une id\u00e9ologie s\u2019en est m\u00eal\u00e9e, et peu importerait laquelle, en un premier temps. Mais il est clair que la position des proph\u00e8tes r\u00e9dacteurs est que la royaut\u00e9 est la cause de la ruine d\u2019Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tout le proclame. Mais l\u2019\u00e9nonc\u00e9 explicite s\u2019en trouve dans une br\u00e8ve page de <em>II\u00a0Rois<\/em>, ch.\u00a020, v.\u00a012-19, \u00e0 l\u2019adresse du roi \u00c9z\u00e9chias. L\u2019occasion est remarquable, et d\u00e9j\u00e0 par d\u00e9faut. En effet, les rois pr\u00e9c\u00e9dents avaient re\u00e7u leur condamnation, mais c\u2019\u00e9tait pour des crimes visibles, pour ainsi dire, injustice, sang, complaisance \u00e0 l\u2019endroit du baalisme. Mais le roi \u00c9z\u00e9chias est un bon roi, jusqu\u2019ici b\u00e9ni de YHWH, miraculeusement prot\u00e9g\u00e9 de l\u2019invasion et gu\u00e9ri d\u2019une maladie mortelle\u00a0<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Mais tout \u00e0 la fin de sa chroni\u00adque, on le voit faisant visiter tous les tr\u00e9sors d\u2019argent et d\u2019or et la force de J\u00e9rusalem \u00e0 un pr\u00e9tendant au tr\u00f4ne de Babel venu chercher son appui. C\u2019est un geste apparemment anodin, de courtoisie et d\u2019alliance potentielle. Or, le proph\u00e8te Isa\u00efe accourt pour dire \u00e0 \u00c9z\u00e9chias que ce geste anodin va plus tard m\u00e9riter l\u2019exil de tout Juda \u00e0 Babel\u00a0: tout ce que ce M\u00e9rodak-Baladan a vu des richesses d\u2019\u00c9z\u00e9chias sera pris et emport\u00e9 \u00e0 Babel, et un dernier roi de Juda sera exil\u00e9 \u00e0 Babel; se sera la fin de Juda, d\u2019Isra\u00ebl. Le drame tient dans une br\u00e8ve page, et l\u2019oracle d\u2019Isa\u00efe est tranchant, sans commentaire\u00a0<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Du ch\u00e2ti\u00adment total, qui para\u00eet disproportionn\u00e9, nous devons remonter \u00e0 la cause. C\u2019est que le crime d\u2019\u00c9z\u00e9chias est le crime royal par excellence, l\u2019orgueil, \u00e0 quoi s\u2019ajoute la confiance mise dans l\u2019or maudit, dans l\u2019arsenal, au lieu du bras de YHWH, le Dieu d\u2019Isra\u00ebl, \u00e0 quoi s\u2019ajoute encore l\u2019id\u00e9e d\u2019une alliance avec une Nation et la Nation ennemie d\u2019Isra\u00ebl\u00a0<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. La ruse proph\u00e9tique du r\u00e9dacteur est d\u2019avoir mis cette annonce fatale \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un bon roi, juste apr\u00e8s le haut fait divin de la d\u00e9livrance et de J\u00e9rusalem et d\u2019\u00c9z\u00e9chias. C\u2019est l\u2019exemple parfait du paradoxe\u00a0: YHWH a sauv\u00e9, Il exterminera. Telle est la port\u00e9e du cri\u00adme de base de la royaut\u00e9. Et peu avant la prise de J\u00e9rusalem nous verrons un bon roi, meilleur encore, sans faille quant \u00e0 lui, p\u00e9rir au combat, ce qui sonnera le glas des rois d\u2019Isra\u00ebl annonc\u00e9 \u00e0 \u00c9z\u00e9chias. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est sans doute cet exemple d\u2019\u00c9z\u00e9chias qui donne la clef de l\u2019id\u00e9ologie biblique. B\u00e9nin, le geste du \u00ab\u00a0bon roi\u00a0\u00bb \u00c9z\u00e9chias ne l\u00e8se personne en apparence. Mais pr\u00e9cis\u00e9\u00adment, de fa\u00e7on improvis\u00e9e et gratuite, il isole \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur le crime radical, la soif de l\u2019or et de la puissance.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mais voici, pour fixer les id\u00e9es, un autre exemple flagrant et massif de \u00ab\u00a0tradi\u00adtion\u00a0\u00bb ou de trahison proph\u00e9tique criante et assum\u00e9e\u00a0: l\u2019histoire de Salomon et du Tem\u00adple. Comment s\u2019y effectue le passage de l\u2019histoire \u00e0 la libre proph\u00e9tie\u00a0? Essentiellement par la mise en page d\u2019Archives triomphalistes. Nous lisons l\u2019histoire de Salomon, et des pages et des pages le glorifient d\u2019avoir construit le Temple. Mais ces Archives flat\u00adteuses sont scand\u00e9es de trois allusions coupantes et mortelles qui les ruinent\u00a0: Salomon a commenc\u00e9 par \u00e9pouser la fille de Pharaon; il a continu\u00e9 en b\u00e2tissant pour lui-m\u00eame et pour cette fille de Pharaon des palais jouxtant le Temple, avec les m\u00eames bois et m\u00e9taux pr\u00e9cieux, et il finit aux bras de mille femmes \u00e9trang\u00e8res, et miroir \u00e0 l\u2019\u0153uvre, pour compl\u00e9ter le tableau, le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre du Temple, J\u00e9roboam, se forme \u00e0 la s\u00e9di\u00adtion en \u00c9gypte, et c\u2019est lui qui, sous Roboam, fils de Salomon et fauteur d\u2019une corv\u00e9e outranci\u00e8re d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9e par Salomon, consommera le schisme irr\u00e9m\u00e9diable. En somme, le Temple, d\u00e9j\u00e0 b\u00e2ti gr\u00e2ce \u00e0 la corv\u00e9e de type \u00e9gyptien, repose sur trois piliers d\u2019une argile friable. Le schisme est la ruine int\u00e9rieure d\u2019Isra\u00ebl, et l\u2019Exil m\u00e9rit\u00e9 plus tard par \u00c9z\u00e9chias n\u2019en sera que la r\u00e9alisation physique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol>\n<li><strong>\u00a0\u2013 Des proc\u00e9d\u00e9s litt\u00e9raires\u00a0: le paradoxe<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour mettre en \u0153uvre son id\u00e9ologie, son Id\u00e9e,\u00a0 au fil des r\u00e9cits ou des oracles, la Bible recourt \u00e0 des effets litt\u00e9raires que l\u2019on peut dire syst\u00e9matiques, et que r\u00e9sume\u00adrait bien le mot approchant, le <em>paradoxe<\/em>. L\u2019enqu\u00eate peut en effet partir d\u2019un lot de paradoxes tou\u00adchant la royaut\u00e9 comme telle. Suivons \u00e0 grands traits le cours des \u00c9critures.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9alogie ou dynastie royale qui se d\u00e9ploie fi\u00e8rement sans accroc, sauf \u00e0 un endroit, o\u00f9 soudain\u00a0elle est comme trou\u00e9e par un H\u00e9noch, qui est <em>enlev\u00e9<\/em> (<em>Ge\u00adn\u00e8se<\/em>, ch.\u00a05). Les Patriarches re\u00e7oivent ensuite une promesse de nombre et de grandeur, qui se solde par un exil en \u00c9gypte des seuls douze fils de Jacob. La Sortie prodigieuse d\u2019\u00c9gypte des 600.000 H\u00e9breux aboutit \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en Canaan de seulement 2 rescap\u00e9s de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, Josu\u00e9 et Caleb. Poursuivons\u00a0: les Juges, rois occasionnels moins la royaut\u00e9 (ni dynastie ni terre), proposent une esquisse de la royaut\u00e9 parfaite, mais, surprise, le proph\u00e8te r\u00e9dacteur s\u2019arrange en m\u00eame temps pour d\u00e9valuer les cinq plus grands par quelque crime, et le dernier Juge, Samson, au nom d\u00e9j\u00e0 suspect <em>Soleil<\/em> est plus que douteux, et pour finir l\u2019affaire de la femme coup\u00e9e en douze d\u00e9montre que le peuple est capable, sans roi bien entendu, mais \u00e9galement sans juge, de r\u00e9soudre une terrible crise int\u00e9rieure. Peu apr\u00e8s, les investitures de Sa\u00fcl et de David seront d\u00e9risoi\u00adres. Quand ensuite Sa\u00fcl sera destitu\u00e9 pour sacril\u00e8ge, il restera roi, et quand David, un usurpateur pour commencer, sera sacr\u00e9, il restera longtemps roi sans royaut\u00e9, mais il respectera le roi Sa\u00fcl destitu\u00e9. Ce jeu entre Sa\u00fcl et David n&rsquo;est pas l&rsquo;objet d&rsquo;une petite page, mais de tout le premier livre de<em> Samuel<\/em>, utilisant et bousculant forc\u00e9ment une pseudo-histoire r\u00e9elle. L\u2019id\u00e9e sous-jacente est que l\u2019onction royale n\u2019a aucune valeur d\u00e9cisive\u00a0: qu\u2019on l\u2019ait re\u00e7ue ou qu\u2019on l\u2019ai perdue, rien ne change. Les Isra\u00e9lites ont voulu un roi, mais pour Dieu l\u2019onction est un hochet indiff\u00e9rent\u00a0: c\u2019est pourquoi au nom de YHWH Dieu le r\u00e9dacteur b\u00e9nira des rois, les maudira, leur pardonnera de fa\u00e7on scanda\u00adleuse des crimes abominables. C\u2019est enfin que la personne du roi n\u2019int\u00e9resse pas YHWH Dieu. C\u2019est le peuple, c\u2019est chacun en Isra\u00ebl qui a voulu un roi, qui s\u2019y est vu refl\u00e9t\u00e9 en grandeur\u00a0: c\u2019est donc l\u2019exil du peuple qui offrira le solde du grand contentieux apparu en <em>I\u00a0Samuel<\/em>, ch.\u00a08. En attendant, YHWH Dieu laissera courir le filin qui a fich\u00e9 le harpon de v\u00e9rit\u00e9 au flanc du monstre des mers.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par la suite, la mise en \u0153uvre des archives d&rsquo;Isra\u00ebl concernant les r\u00e8gnes succes\u00adsifs (<em>Samuel \u2013 Rois<\/em>) continuera sur une sorte de cr\u00eate, malheureusement inaper\u00e7ue de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se historico-critique\u00a0: des diptyques ou des ensembles litt\u00e9raires d\u00e9finis (que je ne peux d\u00e9ployer ici) serviront d\u2019ostensoirs \u00e0 une image toujours paradoxale, affron\u00adtant deux situations en tension, en miroir. Et surtout l\u2019on y verra les rois conduits par leur royaut\u00e9 \u00e0 contredire la royaut\u00e9\u00a0 \u2013 paradoxe.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce reniement de soi de la royaut\u00e9 se fera vers le bas et vers le haut. Vers le bas, par rapport au peuple, que le roi craint et suit comme Sa\u00fcl, ou qu\u2019il fuit, comme David fuyant devant Absalom son fils (drame paradoxal qui occupe presque toute la chroni\u00adque de David roi, en <em>II\u00a0Samuel<\/em>). Et par la suite l\u2019on ne comptera plus, surtout dans le royaume schismatique du Nord, Isra\u00ebl, les usurpations, complots et assassinats, toutes fa\u00e7ons de mettre \u00e0 mal le principe sacro-saint de la dynastie par l\u2019a\u00een\u00e9, pierre d\u2019angle de la royaut\u00e9.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le reniement suicidaire de la royaut\u00e9 par les rois se fera \u00e9galement vers le haut, par rapport \u00e0 la source pr\u00e9sum\u00e9e de leur pouvoir, l\u2019onction pr\u00e9sum\u00e9e venue de YHWH. En effet, tous les rois laisseront survivre les pratique des cultes de Baal. Sa\u00fcl aura com\u00admis des sacril\u00e8ges (sacrifices intempestifs et recours \u00e0 la n\u00e9cromancienne d\u2019Endor); Da\u00advid aura perp\u00e9tr\u00e9 le crime de sang sur Urie, et pour finir il aura voulu compter ses su\u00adjets, compte qui n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 YHWH Dieu; Salomon utilisera la corv\u00e9e pharaonique pour b\u00e2tir le Temple, et il passera aux cultes de ses mille femmes \u00e9trang\u00e8res; Achab volera la vigne de Naboth en le faisant tuer. Tous ces crimes d\u00e9font le lien de v\u00e9rit\u00e9 que la royaut\u00e9 id\u00e9ale a avec la divinit\u00e9. Et l\u2019histoire du \u00ab\u00a0bon roi\u00a0\u00bb \u00c9z\u00e9chias dont j\u2019ai parl\u00e9 r\u00e9v\u00e9lera au lecteur l\u2019essence du crime quand il montrera par orgueil ses tr\u00e9sors \u00e0 un pr\u00e9tendant de Babel\u00a0: curieuse\u00adment l\u2019affaire semblait anodine, anecdotique, et pourtant c\u2019est l\u2019Exil de Juda en Babel qui l\u2019expiera. Ainsi, par le haut, par le bas, la royaut\u00e9 que d\u00e9crit complaisamment la Bible se survit telle une chrysalide vid\u00e9e. Le paradoxe est soutenu aussi longtemps que les r\u00e8gnes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Exil. Et l\u00e0 une derni\u00e8re image arr\u00eat\u00e9e fixera le paradoxe d\u2019Isra\u00ebl. Le dernier roi, Yoiakin, mangera par gr\u00e2ce \u00e0 la table du roi de Babel, et son bien-\u00eatre sera assur\u00e9 toute sa vie par le roi de Babel (<em>II\u00a0Rois<\/em>, ch.\u00a025, v.\u00a027-30 et dernier)\u00a0: roi mais sans royaut\u00e9, vaincu, pris, vide, jouxtant le roi vainqueur.<\/p>\n<h5>Les \u00ab\u00a0d\u00e9tails\u00a0\u00bb pour fixer les paradoxes<\/h5>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Or, plusieurs fois, un \u00ab\u00a0d\u00e9tail\u00a0\u00bb frappant sert de symbole \u00e0 cette indiff\u00e9rence inqui\u00e9tante de Dieu quant \u00e0 l\u2019onction, \u00e0 tous ces paradoxes royaux. Ainsi, Sa\u00fcl et Da\u00advid ennemis mortels, marchent parall\u00e8lement sur les deux versants du vallon, ou se croisent en se touchant sans se toucher. Ou encore, dans la m\u00eame optique, un g\u00e9n\u00e9ral f\u00e9lon vient s\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du roi David sans explication, un autre \u00ab\u00a0arr\u00eat sur image\u00a0\u00bb impressionnant\u00a0: le roi accueille le contre-roi. Ils sont contigus et oppos\u00e9s. Plus tard \u00c9lis\u00e9e donne mission \u00e0 un roi ennemi d\u2019Isra\u00ebl de tourmenter Isra\u00ebl, premier paradoxe, mais, d\u00e9tail, il pleure tout en parlant, et son visage est fig\u00e9, second paradoxe. O\u00f9 est notre logique\u00a0? Mais dans cette sorte de <em>no man&rsquo;s land<\/em> de la logique qui offre une im\u00adpression si forte, transparaissent deux r\u00e9sultat, eux-m\u00eames paradoxaux\u00a0: certes, le lecteur per\u00e7oit la critique du roi, en n\u00e9gatif, mais il devine en m\u00eame temps l\u2019id\u00e9e du sublime, ombre port\u00e9e de la divinit\u00e9, sans quoi la Bible n\u2019y reviendrait pas de fa\u00e7on ob\u00adsessionnelle et prolong\u00e9e. Au creux du ravin que suivent parall\u00e8lement Sa\u00fcl et David, un myst\u00e8re coule avec le ruisseau. Car le lecteur (en tout cas le r\u00e9dacteur) sait que plus tard David sera pire que Sa\u00fcl. C\u2019est donc que l\u2019image n\u2019est pas aussi statique, aussi \u00e9quilibr\u00e9e qu\u2019elle para\u00eet. Il y a Autre chose, qui ne peut \u00eatre que sur la ligne de partage, au creux. Tout paradoxe qui tient est assur\u00e9 par deux valeurs qui sont n\u00e9cessairement relatives, sans quoi, si l\u2019une \u00e9tait absolue, elle mangerait l\u2019autre, faisant s\u2019\u00e9vanouir le paradoxe. S\u2019il tient, c\u2019est qu\u2019\u00e0 la jonction, un tiers veille, l\u2019absolu. Le Jugement de YHWH Dieu qu\u2019on pouvait croire maudire uniquement Sa\u00fcl sur le flanc gauche, chemi\u00adne en somme invisiblement au creux du vallon, entre le flanc gauche o\u00f9 nous ex\u00e9crons spontan\u00e9ment Sa\u00fcl, et le flanc droit o\u00f9 spontan\u00e9ment nous b\u00e9nissons David. Ils ne sont pas seuls, ni tellement oppos\u00e9s. Il faut alors penser qu\u2019au milieu de leur hostilit\u00e9 mor\u00adtelle passe la divinit\u00e9\u00a0 \u2013 mais qui est par nature myst\u00e8re de Vie.<\/p>\n<h5>\u00a0Le grand paradoxe<\/h5>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Surgit alors un nouveau paradoxe, de taille, enveloppant toute la chronique des rois jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Exil (fin de <em>II\u00a0Rois<\/em>). La divinit\u00e9 se fait garante de la dynastie en Juda, au Sud, mais briseuse de dynasties en Isra\u00ebl, au Nord, qui va de coups d\u2019\u00e9tat en usur\u00adpations. Or, d\u2019apr\u00e8s le refus pr\u00e9alable de YHWH qu\u2019Isra\u00ebl ait un roi, et donc une dynas\u00adtie et une terre et des victoires (<em>I\u00a0Samuel<\/em>, ch.\u00a08), les textes s\u2019obstinent \u00e0 faire <em>comme si<\/em> YHWH assurait Juda et d\u00e9laissait Isra\u00ebl. Pourtant, la ruine des rois d\u2019Isra\u00ebl r\u00e9aliserait l\u2019id\u00e9al \u00ab\u00a0anti-royaliste\u00a0\u00bb, et au contraire le soutien constant \u00e0 la lign\u00e9e de David en Juda enfonce Juda dans le p\u00e9ch\u00e9 originel, \u00e0 savoir le d\u00e9sir blasph\u00e9matoire de tous les fils d\u2019Isra\u00ebl d\u2019une royaut\u00e9 \u00e0 l\u2019image des Nations, que consacrera un Temple pharaonique (toute la longue saga proph\u00e9tique, <em>II\u00a0Samuel<\/em> \u2013 <em>II\u00a0Rois<\/em>). Pour commencer, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce Temple et en y consacrant presque deux fois plus de temps\u00a0<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, Salomon aura \u00e9lev\u00e9 son palais et celui de la fille de Pharaon, avec la b\u00e9n\u00e9diction du Ciel.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Paradoxe criant\u00a0: Salomon a \u00e9t\u00e9 f\u00e9licit\u00e9 au d\u00e9but pour sa sagesse, et \u00e0 la fin, il est idol\u00e2tre, il a b\u00e2ti le Temple avec la Corv\u00e9e, faisant des Isra\u00e9lites des esclaves, et son \u0153uvre aura bient\u00f4t pour cons\u00e9quence la fin d\u2019Isra\u00ebl le Schisme de dix Tribus et demie.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 O\u00f9 est pass\u00e9e la logique\u00a0? Le r\u00e9dacteur l\u2019a tordue outrageusement, et sans \u00e9clat.<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>Ainsi, la mise en page des <em>Rois<\/em> rel\u00e8ve de l\u2019interpr\u00e9tation ou \u00ab\u00a0tradition\u00a0\u00bb. \u00c0 la mani\u00e8re antique, le proph\u00e8te r\u00e9dacteur associait de bout en bout \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0reli\u00adgion\u00a0\u00bb. Et il aura bouscul\u00e9 l\u2019histoire exacte, y aura tri\u00e9, recompos\u00e9 et tout pr\u00e9sent\u00e9 dans une \u0153uvre litt\u00e9raire uni\u00adfi\u00e9e, t\u00e9moin de <strong>la<\/strong> pens\u00e9e unifi\u00e9e de deux groupes de fils d\u2019Is\u00adra\u00ad\u00ebl, vers 300 av.\u00a0JC, vers 25 apr\u00e8s\u00a0: ce sont les vrais Mo\u00efse de la r\u00e9v\u00e9lation de Dieu. Ten\u00adter de reconstituer les faits, les paroles exactes, reviendrait \u00e0 gratter le tableau ou la fresque repr\u00e9sentant la fa\u00e7ade d\u2019un palais pour en d\u00e9couvrir le jardin, et perdre l\u2019intention du peintre et le tableau; ce serait refouler dans l\u2019oc\u00e9an l\u2019habitant des eaux qui venait frayer aux sources de la rivi\u00e8re et s\u2019y poser. H\u00e9rit\u00e9e de Plutarque et des P\u00e8\u00adres hell\u00e9nis\u00e9s, une autre tentation nous a fix\u00e9s sur les personnages. Mais le croyant doit croire les \u00e9crits et non les faits ou les gens dont ils parlent, qui restent \u00e0 jamais perdus et per\u00e7us d\u2019autant plus \u00e0 faux qu\u2019ils sont rapport\u00e9s plus pr\u00e9cis\u00e9ment.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La pers\u00e9v\u00e9rance dans les proc\u00e9d\u00e9s tourbillonnant autour de la royaut\u00e9 en Isra\u00ebl n\u2019est pas le fruit du hasard. C\u2019est que l\u2019exp\u00e9rience des rois n\u2019est pas un th\u00e8me entre au\u00adtres. Nation, Isra\u00ebl s\u2019est trouv\u00e9 coup\u00e9 des Nations\u00a0? Ce fut par le despotisme royal du Pharaon. Car \u00e0 la fin de la <em>Gen\u00e8se<\/em>, les fils de Jacob et l\u2019\u00c9gypte vivaient en bonne intelli\u00adgence, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau Pharaon, et il fallut le d\u00e9chirement violent de l\u2019<em>Exode<\/em> pour sauver Isra\u00ebl. Arr\u00eatons-nous ici un instant. Ce \u00ab\u00a0salut\u00a0\u00bb, cette rupture brisaient l\u2019unit\u00e9 id\u00e9ale du monde. Elle r\u00e9alisait concr\u00e8tement la l\u00e9gende de la Tour de Babel. Mais pr\u00e9cis\u00e9ment ne devait-on pas alors esp\u00e9rer un raboutement de ces deux parts in\u00e9gales du monde, au lieu de triompher \u00e0 voir les H\u00e9breux \u00ab\u00a0lib\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb, ce que d\u2019ailleurs ils ne furent jamais, \u00e9tant donn\u00e9 leur apostasie end\u00e9mique\u00a0? Isra\u00ebl en effet v\u00e9cut alors un temps (reconstitu\u00e9, r\u00eav\u00e9) selon une constitution utopique, id\u00e9ale en asymptote, \u00e0 savoir la f\u00e9d\u00e9ration des Douze Tribus. Et c\u2019\u00e9tait dans l\u2019Id\u00e9e qu\u2019un jour les autres Nations regardant Isra\u00ebl puissent en venir \u00e0 son type de soci\u00e9t\u00e9. Seulement, des lustres plus tard, les fils du Dieu Unique ont r\u00e9veill\u00e9 en eux ce qu\u2019ils avaient emport\u00e9 d\u2019\u00e9gyptien en quittant l\u2019\u00c9gypte\u00a0: ils se sont donn\u00e9 un roi. Ce fut soudain, sans pr\u00e9avis, sans menace urgente, qu\u2019Isra\u00ebl exigea que Samuel mette sur lui <em>un roi comme (en ont) les Nations<\/em>. Et la suite de l\u2019affaire a voulu que par une pente naturelle Isra\u00ebl ressemble clairement \u00e0 l\u2019\u00c9gypte, et qu\u2019un certain Salomon, son roi \u00e0 l\u2019image de Pharaon, ait institu\u00e9 la Corv\u00e9e pour b\u00e2tir un Temple que YHWH avait refus\u00e9 d\u00e9finitivement \u00e0 son p\u00e8re David. Ironie, Isra\u00ebl avec son Pharaon et sa pyramide rejoignait ainsi les Nations. Nous parlions de la n\u00e9cessit\u00e9 abso\u00adlue de rabouter les Nations et Isra\u00ebl pour que le monde soit un devant le Dieu Un. Mais ce raboutement d\u2019Isra\u00ebl au gros des Nations, cet accostage possible, s\u2019est alors fait de travers, sur le mauvais ponton, \u00e0 savoir la pas\u00adsion mauvaise, homicide, la volont\u00e9 de puissance de chacun, du peuple, projet\u00e9e sur la personne du roi (<em>I\u00a0Samuel<\/em>, ch.\u00a08). Ce crime entra\u00eena une seconde rupture, un nouveau d\u00e9chirement, un nouvel effet de Babel, la s\u00e9paration en deux royaumes in\u00e9gaux des douze Tribus d\u2019Isra\u00ebl. C\u2019\u00e9tait sa mort. Et il faudrait qu\u2019une part infime rejoigne en effet Babel, mais en exil.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 C\u2019est donc la r\u00e9flexion sur ce drame qui a dict\u00e9 la r\u00e9\u00e9criture de Archives\u00a0: sans cette Id\u00e9e, la transmission brute des faits archiv\u00e9s, (d\u00e9j\u00e0 impossible) e\u00fbt \u00e9t\u00e9 vaine. Aus\u00adsi le lecteur de la Bible ne doit-il pas chercher \u00e0 restituer les faits disparus, comme le socle de v\u00e9rit\u00e9. Il faut renoncer \u00e0 la pure transmission. Il vaut mieux op\u00e9rer une \u00ab\u00a0tradi\u00adtion\u00a0\u00bb, entendre <em>quelqu\u2019un<\/em> d\u00e9ployer sa vision, et non les choses.<\/p>\n<h5>Le \u00ab\u00a0tiers pr\u00e9sent\u00a0\u00bb du paradoxe<\/h5>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>De surcro\u00eet, d\u2019un point de vue litt\u00e9raire, po\u00e9tique, mystique, les paradoxes non r\u00e9solus laissent comme un interstice infime (et donc souvent inaper\u00e7u) mais infini en v\u00e9rit\u00e9, entre leurs deux contradictoires (Dieu de guerre, ou Dieu de paix\u00a0?). J\u2019ai si\u00adgnal\u00e9 des \u00ab\u00a0arr\u00eats\u00a0sur image\u00a0\u00bb saisissants, deux personnages oppos\u00e9s mis en parall\u00e8le, s\u00e9par\u00e9s par le creux du ravin physique ou la haine morale. Et il existe comme des agrandissements spectaculaires de cette jonction sans jonction et donc paradoxale et donc signe d\u2019autre chose. Ainsi, dans plusieurs livres un lot de mal\u00e9dictions fait face \u00e0 un lot de b\u00e9n\u00e9dictions, et tout le monde conna\u00eet la sc\u00e8ne de l\u2019Alliance o\u00f9 les H\u00e9breux arriv\u00e9s en Canaan se partagent en deux lots de six Tribus, les unes criant les mal\u00e9dic\u00adtions sur le mont \u00c9bal, et les autres, les b\u00e9n\u00e9dictions sur le mont Garizim, en face. Et <em>Luc<\/em>, ch.\u00a06, v.\u00a020-26 pr\u00e9sente quatre b\u00e9atitudes contre quatre mal\u00e9dictions, l\u00e0 o\u00f9 Mat\u00adthieu encha\u00eene huit b\u00e9atitudes&#8230; On devine que les r\u00e9dacteurs de la Bible voyaient fil\u00adtrer entre ces deux falaises de l\u2019existence humaine, oui \/ non, une lueur, sinon une lumi\u00e8re, dominatrice, \u00ab\u00a0sublime\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e0 dire sup\u00e9rieure infiniment et ind\u00e9pendante, et dont le pouvoir royal cherche \u00e0 participer.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il ne suffit donc pas selon la Bible de penser la royaut\u00e9 comme vers le bas, dans la relation du roi au sujet, en prenant acte des deux solutions pratiques des peuples, la soumission ou la r\u00e9volte (qui retournera \u00e0 une soumission pire, l\u2019Empire apr\u00e8s la Bastille). L\u2019existence et la pr\u00e9tention d\u00e9vi\u00e9es du roi obligent pourtant \u00e0 remonter, sans concept, \u00e0 nommer Dieu sans le voir, l\u2019atteindre<em>.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>C\u2019est le paradoxe r\u00e9current qui est l\u2019outil litt\u00e9raire de cette r\u00e9demption \u00e0 m\u00eame le mal. \u00c0 preuve, le fait que la Bible s\u2019est pour ainsi dire mari\u00e9e \u00e0 ce qu\u2019elle pr\u00e9sente comme un monstre, la royaut\u00e9 d\u00e9vi\u00e9e, bancale, qu\u2019elle s\u2019est d\u00e9pens\u00e9e sans d\u00e9vier en longueurs et en subtilit\u00e9s incroyables dans le traitement des r\u00e8gnes, qu\u2019elle pouvait raconter comme ils furent puis condamner d\u2019un mot. Mieux, elle admet un roi sans royaut\u00e9. H\u00e9ro\u00efquement, en effet, au rebours des \u00e9pop\u00e9es, la Torah s\u2019arr\u00eate sur une impossibilit\u00e9\u00a0: elle r\u00eave d\u2019un roi avec royaut\u00e9 et sans royaut\u00e9 dans la charte du <em>Deut\u00e9ronome<\/em>, ch.\u00a017, v.\u00a014-20). C\u2019est un ultime paradoxe, tr\u00e8s ramass\u00e9 celui-l\u00e0, extr\u00eame, un roi <em>sans or, sans chevaux ni char<\/em>. Mais un tel roi \u00e9tait, lui et son peuple, condamn\u00e9s d\u2019avance \u00e0 p\u00e9rir, sur l\u2019\u00e9chiquier du Pro\u00adche-Orient\u00a0 \u2013 comme partout. C\u2019est qu\u2019en arr\u00eat sur image, une fois de plus, ce roi du <em>Deut\u00e9ronome<\/em> reste \u00e0 jamais comme le paradoxe fig\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et il faut croire que la Bible voit justement sur son armure inutile et terne se refl\u00e9\u00adter la Lumi\u00e8re sans ombre et utile. Bien s\u00fbr, la Bible affirme en clair l\u2019id\u00e9e que YHWH est le seul Roi, mais ce n\u2019est pas que Dieu soit roi\u00a0: c\u2019est pour confisquer toute royaut\u00e9, pour dire qu\u2019on ne pr\u00e9voit aucun r\u00e9gime id\u00e9al, pas m\u00eame une r\u00e9publique \u00e9galitaire, fraternelle (Dieu nous garde d\u2019une fraternit\u00e9 universelle\u00a0: l\u2019exp\u00e9rience de Ca\u00efn et d\u2019Abel en r\u00e9sume le destin). C\u2019est, plus utile, pour nous faire aller du mal premier au bien\u00a0: gardez l\u2019image du roi, ic\u00f4ne en chacun du mal radical qui est en vous, qui est vous, pour qu\u2019en abdiquant, en devenant un roi sans royaut\u00e9 (en r\u00e9alit\u00e9 donc, chacun renon\u00e7ant \u00e0 sa volont\u00e9 de puissance) ce roi bancal t\u00e9moigne\u00a0; d\u2019abord dans le d\u00e9chirement, d\u2019une Pr\u00e9sence absolue\u00a0 \u2013 c\u2019est cette lumi\u00e8re paradoxale filtrant par un roi maudit qu\u2019il faut d\u2019abord recevoir, dit la Bible, avant qu\u2019on envisage la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En effet, pourquoi la Bible passe-t-elle par la critique du roi pour atteindre finale\u00adment en chacun la volont\u00e9 de puissance mortelle\u00a0? On peut faire une r\u00e9ponse circonstancielle, du genre de celle-ci, valide au demeurant\u00a0: telle \u00e9tait la soci\u00e9t\u00e9 dans tout le Proche-Orient de l\u2019\u00e9poque, mais sachant au contraire que la conscience d\u2019Isra\u00ebl en a projet\u00e9 le mod\u00e8le jusqu\u2019aux origines, c\u2019est \u00e0 dire \u00e0 toute l\u2019humanit\u00e9. Une r\u00e9ponse plus philosophique peut se tirer des textes eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pr\u00e9cis\u00e9ment, restons au carrefour d\u2019Isra\u00ebl et de l\u2019humanit\u00e9, des Nations selon le langage biblique (en tout cas pas des \u00ab\u00a0pa\u00efens\u00a0\u00bb, comme on le lit dans toutes nos bibles et d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, au m\u00e9pris du plus simple dictionnaire). Il est un ph\u00e9nom\u00e8ne litt\u00e9raire commun \u00e0 presque tous les Proph\u00e8tes\u00a0: plus ou moins prolong\u00e9, plus ou moins virulent, un cahier form\u00e9 d\u2019oracles le plus souvent alertes, cruels, interrompt la s\u00e9quence des pages destin\u00e9es \u00e0 Isra\u00ebl, tout ou partie, et c\u2019est alors pour viser les Nations. Or, le sch\u00e9ma est volontiers le suivant\u00a0: le peuple ennemi re\u00e7oit les premiers coups, avant que soudain l\u2019oracle se retourne vers le seul roi, ainsi vers le Pharaon, qu\u2019on appellera crocodile du Nil et dont on m\u00e8nera ironiquement le deuil. \u00c0 quoi l\u2019on peut trouver trois raisons. La premi\u00e8re est de mis\u00e9ricorde\u00a0: le peuple a p\u00e9ch\u00e9, certes, mais \u00e0 entendre dire que son roi, tellement au-dessus de lui, a p\u00e9ch\u00e9 davantage et paie davantage, il sera sinon consol\u00e9 mais mieux pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 payer lui-m\u00eame\u00a0: On ne vise pas que lui. La deuxi\u00e8me raison est qu\u2019en effet le baalisme, par exemple, l\u2019invasion des cultes \u00e9trangers et idol\u00e2triques en Isra\u00ebl, ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 le fait du roi, sous un pr\u00e9texte d\u00e9fini et permanent, le besoin d\u2019alliances \u00e9trang\u00e8res pour survivre\u00a0: un mariage, un tribut pourront en \u00eatre des occasions, et de proche en proche le peuple adoptera les cultes favoris\u00e9s du Prince.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5>Le retournement\u00a0: le bonheur de la royaut\u00e9 maudite<\/h5>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Enfin et surtout, la troisi\u00e8me raison est mystique. L\u2019importance \u00e9gale des deux at\u00adtaques proph\u00e9tiques visant et le roi et le peuple en appelle \u00e0 une situation, \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 au contraire bienheureuses, derri\u00e8re le ch\u00e2timent. L\u2019id\u00e9e originelle de la royaut\u00e9 a d\u00fb \u00eatre de m\u00e9taphysique heureuse. Imaginons une noble origine. C<em>hacun<\/em>, chaque Adam au monde refl\u00e8te la lumi\u00e8re de la divinit\u00e9, qui est sourdement et profond\u00e9ment de gloi\u00adre, au sens biblique de poids, de solidit\u00e9, d\u2019existence, de prix aux yeux de Dieu, plus que d\u2019or et de lambris. Mais tout un chacun ne pouvant dans le monde occuper une place finalement absolue, le peuple d\u00e9l\u00e8gue un des siens pour figurer ces valeurs \u00e0 ce degr\u00e9. sublime. \u00c0 ce personnage, isol\u00e9 comme chacun est isol\u00e9 devant Dieu, on donne\u00adra les marques visibles de l\u2019invisible, titres, tiare, grandeur, palais, femmes, chants, lus\u00adtre sous toutes formes. Ce fut peut-\u00eatre la naissance des arts. C\u2019\u00e9tait l\u2019Image de chacun, la lumi\u00e8re de chacun venue sur un personnage lui aussi singulier. Mais tr\u00e8s vite, l\u2019h\u00e9\u00adro\u00efque projection d\u00e9tach\u00e9e se sera retourn\u00e9e, et le roi aura retenu pour lui seul la grandeur, les sujets auront acquiesc\u00e9, et bient\u00f4t ils auront d\u00fb choisir entre la r\u00e9volte et la soumission, sachant que la r\u00e9volte aboutit rapidement \u00e0 un esclavage plus lourd, la R\u00e9volution \u00e0 l\u2019Empire, Austerlitz et son champ de bataille avec ses h\u00e9catombes rempla\u00ad\u00e7ant la Bastille. L\u2019orgueil du roi et l\u2019idol\u00e2trie du peuple a remplac\u00e9 la d\u00e9l\u00e9gation, le beau reflet. C\u2019est pourquoi la premi\u00e8re page de la Bible et les D\u00e9calogues disent d\u2019em\u00adbl\u00e9e que la seule <em>Image<\/em> de l\u2019homme est l\u2019Image de Dieu. Elle confisque toute autre ima\u00adge, et en premier la royaut\u00e9. C\u2019est pourquoi les \u00ab\u00a0Cahiers sur les Nations\u00a0\u00bb des Proph\u00e8\u00adtes mart\u00e8lent symboliquement l\u2019effigie du Pharaon, du roi d\u2019Assur, d\u2019\u00c9dom, de Moab, d\u2019Aram, d\u2019un pays mythique, s\u2019il faut\u00a0 \u2013 non sans avoir d\u2019abord fustig\u00e9 leur peuple.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et donc garder le roi, f\u00fbt-ce pour le d\u00e9truire, tel est la parti de la Bible, parce qu\u2019il nous reste avec lui, bon ou pervers, comme le parfum r\u00e9sistant d\u2019une beaut\u00e9 \u00e9vanouie, la grandeur divine de l\u2019Adam, de chacun. Il se produit donc un second retournement\u00a0: la violence du ch\u00e2timent actuel t\u00e9moigne du prix originel. Plus le proph\u00e8te frappe fort, et plus le prix infini s\u2019affiche. Aussi bien faut-il garder les \u00ab\u00a0Oracles sur les Nations\u00a0\u00bb\u00a0<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, et l\u00e0, garder la pr\u00e9position de l\u2019h\u00e9breu, \u00ab\u00a0Oracles <em>sur<\/em> telle Nation\u00a0\u00bb, et non pas \u00ab\u00a0contre telle Nation\u00a0\u00bb. La Main est celle du Dieu de vie. Venue <em>sur<\/em> quelqu\u2019un, elle l\u2019agrippe du\u00adrement comme le sauveteur agrippe jusqu\u2019\u00e0 le blesser le bras de quelqu\u2019un qui va se noyer, mais c\u2019est pour le remettre \u00e0 la vie sur la berge.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Enfin, parlons de politique. Apr\u00e8s la sortie d\u2019\u00c9gypte, apr\u00e8s l\u2019installation en Ca\u00adnaan, les Juges furent un temps les h\u00e9ros modestes de la F\u00e9d\u00e9ration. Assurant \u00e0 une occasion donn\u00e9e la paix des douze Tribus sans prendre un pouvoir prolong\u00e9, ils \u00e9taient le symbole du r\u00e9gime politique id\u00e9al barrant la royaut\u00e9. Or, je l\u2019ai not\u00e9 en passant, au lieu de canoniser leur r\u00f4le si noble et si utile, le r\u00e9dacteur de leur saga, le livre des <em>Juges<\/em>, conduit chacun des cinq Juges les plus en vue \u00e0 l\u2019idol\u00e2trie, \u00e0 la folie, \u00e0 la l\u00e2chet\u00e9 ou aux truculentes aventures du dernier, Samson. Autant dire que la Bible ne s\u2019arr\u00eate \u00e0 aucun r\u00e9gime. Tel est le dernier paradoxe global\u00a0: selon les \u00c9critures d\u2019Isra\u00ebl, la royaut\u00e9 maudite t\u00e9moigne encore indirectement de la lumi\u00e8re de la divinit\u00e9, quand la F\u00e9d\u00e9ration b\u00e9nie engendre des monstres.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Tous ces mouvements qu\u2019on suit au fil des deux-mille pages de la Bible veulent produire un effet, l\u2019abdication de <em>chacun<\/em>, infime et seul r\u00e9el. Le c\u0153ur du Prince, quel qu\u2019il soit, individu ou groupe, r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la politique \u00e0 partir de la Bible en restera \u00e0 cette prudente \u00e9quivoque, se refusant \u00e0 canoniser aucun r\u00e9gime (comme on fait aujourd\u2019hui de la \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb), c\u2019est \u00e0 dire acceptant l\u2019invention libre, conjoncturelle plut\u00f4t qu\u2019institutionnelle, qui assure la libert\u00e9 de chacun et des groupes\u00a0 \u2013 pour une nouvelle utopie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Envoi\u00a0: les colonnes du Temple<\/h3>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pour fixer le paradoxe le plus utile, celui qui associe la condamnation de la royaut\u00e9 des Nations et la r\u00e9manence de sa sublime et simple origine, soit la conjonction au creux du vallon du pire et du meilleur, je prendrai une image aussi fulgurante que condens\u00e9e, et d\u00e9j\u00e0 remarquable par sa position m\u00eame, puisqu\u2019elle ferme le drame \u00ab\u00a0historique\u00a0\u00bb de la longue saga de <em>Samuel-Rois<\/em>, le r\u00e9cit de la d\u00e9faite de Juda et de la prise de J\u00e9rusalem. C\u2019est l\u2019image qu\u2019offrent les <em>colonnes<\/em> du Tem\u00adple lors du sac de la Vil\u00adle. Comme le reste, elles seront bient\u00f4t d\u00e9mont\u00e9es, et convoy\u00e9es \u00e0 Babel. Or, au bout d\u2019une bonne page de description du saccage o\u00f9 il dresse sous forme de liste le d\u00e9tail des destructions, le narrateur mar\u00adque soudain un temps d\u2019arr\u00eat\u00a0: il s\u2019attarde soudain \u00e0 contempler en esth\u00e8te, en nostal\u00adgique, en mystique, les sculptures, la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle de ces colonnes\u00a0 \u2013 leur nom h\u00e9breu est \u00ab\u00a0dress\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0dressoir\u00a0\u00bb, debout.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il reconduit le paradoxe et sa myst\u00e9rieuse le\u00e7on\u00a0<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>\u00a0: le Temple, \u0153uvre de roi par d\u00e9finition, critiqu\u00e9 d\u2019avance par l\u2019insistance de la <em>Gen\u00e8se<\/em> \u00e0 montrer les Patriarches rendant hommage \u00e0 Dieu sur une pierre, un rien, sous un arbre, ou de l\u2019\u00e9norme r\u00e9cit de l\u2019<em>Exode<\/em> sur l\u2019Arche du D\u00e9sert.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce Temple, a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 par Dieu \u00e0 David clairement et de fa\u00e7on d\u00e9finitive (<em>II\u00a0Sa\u00admuel<\/em>, ch.\u00a07), puis il a \u00e9t\u00e9 logiquement d\u00e9truit. Or, c\u2019est ce monument qui pr\u00eate <em>in extre\u00admis<\/em> \u00e0 du lyrisme telles de ses pierres condamn\u00e9es, ces colonnes, soutien de l\u2019\u00e9difice, c\u2019est \u00e0 dire \u00e0 une esp\u00e9rance, et une esp\u00e9rance infinie au sens propre, c\u2019est \u00e0 dire telle\u00adment d\u00e9pendante de la divinit\u00e9 que doive en \u00eatre purg\u00e9e l\u2019ambition royale qui a g\u00e2t\u00e9 le culte de YHWH du D\u00e9sert, comme Nathan le disait d\u2019embl\u00e9e \u00e0 David (<em>II\u00a0Samuel<\/em>, ch.\u00a07).<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les colonnes p\u00e9rissent, mais leur chant, pour ainsi dire, consacre leur disparition et la valeur r\u00e9elle de pi\u00e9t\u00e9 que tant de p\u00e8lerins leur ont na\u00efvement pr\u00eat\u00e9e, \u00e0 tort dans l\u2019absolu. Leur beaut\u00e9 confisqu\u00e9e, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e lorsqu\u2019elle va p\u00e9rir, annonce qu\u2019on doit at\u00adtendre un retour \u00e9ventuel \u00e0 J\u00e9rusalem. Alors, leur Id\u00e9e comme suspendue et qui, elle, ne sera pas exil\u00e9e \u00e0 Babel, obligera les Jud\u00e9ens de retour \u00e0 voir autrement le culte de Dieu, leur propre existence, et ce sera, ce devrait \u00eatre, sans ces m\u00eame colonnes de mar\u00adbre, sans Temple et sans roi, mais avec l\u2019Id\u00e9e de ces colonnes, \u00ab\u00a0dressoir\u00a0\u00bb des c\u0153urs. La po\u00e9sie immat\u00e9rielle des sculptures v\u00e9g\u00e9tales des colonnes veille plus s\u00fbrement que leur marbre, lequel va partir \u00e0 Babel et y restera pour le bonheur des v\u00e9ritables fils d\u2019Is\u00adra\u00ebl. Leur exil et celui des Jud\u00e9ens seront plus heureux que la possession de la Terre promise. l\u2019Id\u00e9e mystique des colonnes disparues les attend au seuil, immat\u00e9rielle, immortelle, et donc pour une autre politique que celle qui les a \u00e9difi\u00e9es. Inutile d\u2019ajouter que la position paradoxale du dernier roi de Juda, Yoiakin, fig\u00e9e en \u00ab\u00a0arr\u00eat sur image\u00a0\u00bb \u00e0 la table du roi de Babel, h\u00e9rite du m\u00eame beau sort litt\u00e9raire. Car, destitu\u00e9 comme les colonnes furent emport\u00e9es (une page avant dans le texte), mais toujours appel\u00e9 \u00ab\u00a0roi\u00a0\u00bb et m\u00eame honor\u00e9 en exil par son vainqueur babylonien, son Id\u00e9e pourra veiller au Retour, sublim\u00e9e, reniant la royaut\u00e9 effective en Isra\u00ebl, comme les colonnes pass\u00e9es au lyrisme diront aux Jud\u00e9ens de retour qu\u2019il ne faut pas de Temple de pierre.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et cette sublimation du roi et du Temple d\u00e9truit, monument royal par d\u00e9finition, guide la relation de J\u00e9sus \u00e0 ce Temple, ou plut\u00f4t au Temple du roi H\u00e9rode, bien plus pharaonique, bien plus blasph\u00e9matoire, bien plus \u00e0 <em>d\u00e9truire, <\/em>que celui de Salomon, que celui de N\u00e9h\u00e9mie, que celui de Judas Maccab\u00e9e. J\u00e9sus dira \u00e0 sa mani\u00e8re que l\u2019obole de la veuve le <em>d\u00e9truit<\/em> plus s\u00fbrement que ne fera la torche de Titus. Comme \u00c9lis\u00e9e pleurant sur Isra\u00ebl au moment o\u00f9 il arme contre Isra\u00ebl le bras d\u2019un ennemi d\u2019Isra\u00ebl, J\u00e9sus pleurera sur le Temple, sur J\u00e9rusalem, et il paiera la redevance l\u00e9gale pour le Temple. M\u00eame paradoxe\u00a0: si le stat\u00e8re que Pierre trouve par miracle dans le poisson est destin\u00e9 au Temple, il vient du Ciel, et donc il va jusqu\u2019\u00e0 un Temple invisible, au-del\u00e0 de ce temple par trop visible et qui masque le v\u00e9ritable (<em>Matthieu<\/em>, ch.\u00a017, v.\u00a02-27). Le voile partag\u00e9 condamnera le Temple, mais, inutile d\u00e9sormais, il viendra d\u00e9f\u00e9rer dans sa d\u00e9chirure et son ouverture \u00e0 la mort bienheureuse de J\u00e9sus. Et ce Temple que refusera \u00c9tienne lapid\u00e9 conduira \u00e0 cette m\u00eame Id\u00e9e, qui \u00e9tait celle d\u2019<em>Isa\u00efe<\/em>, que les Cieux forment le vrai Temple, <em>non fait de main d\u2019homme<\/em> (voir <em>Actes<\/em>, ch.\u00a09, v.\u00a048-50). Et s\u2019il s\u2019agit bien des Cieux en haut, c\u2019est en m\u00eame temps par miroir la v\u00e9rit\u00e9 de <em>chacun<\/em> en bas.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c0 l\u2019abri de nous-m\u00eames, alors, colonnes condamn\u00e9es et sublim\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 ces effets bien conscients de la litt\u00e9rature biblique, lisons tranquillement toute la Bible, heureux de ses paradoxes sans r\u00e9solution simple, et pour cette raison m\u00eame vitaux. Faisons comme St\u00a0Augustin, \u00e0 l\u2019aise, heureux de s\u2019y promener<em> parmi des halliers au clair-obscur<\/em> s\u00e9mitique\u00a0: ils le d\u00e9livraient de son manich\u00e9isme qui tranchait entre mal et bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jacques Cazeaux<br \/>\n<em>F\u00e9vrier 2018<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a>. Plus qu\u2019un stigmate, les livres des <em>Chroniques<\/em> r\u00e9criront syst\u00e9matiquement, \u00e0 leur mani\u00e8re, dans une per\u00adspective id\u00e9alis\u00e9e d\u2019eschatologie, tout ce qui a fait la mati\u00e8re de l\u2019Histoire sainte, des Origines \u00e0 l\u2019Exil.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>. Toujours ce jeu biblique entre pluriel et singulier\u00a0: le peuple est d\u00e9livr\u00e9 de l\u2019attaque assyrienne, et le roi, personnage au singulier, figure de chacun, est gu\u00e9ri d\u2019une maladie.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a>. L\u2019affaire est assez remarquable pour qu\u2019on en trouve le r\u00e9cit repris dans le livre d\u2019<em>Isa\u00efe<\/em>, ch.\u00a039.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>. Une fois aid\u00e9 par Juda, le futur roi de Babel pr\u00e9sum\u00e9 en ferait son vassal.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a>. <em>I\u00a0Rois<\/em>, ch.\u00a06, v.\u00a038 et ch.\u00a07, v.\u00a01. Dans nos bibles le passage d\u2019un chapitre \u00e0 l\u2019autre emp\u00eache le lecteur de subir le choc des deux chiffres, <em>sept<\/em> ans pour YHWH, contre <em>treize<\/em> pour le roi Salomon et l\u2019\u00c9gyptienne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>. Soit dit pour \u00e9carter le scandale d\u2019une violence de Dieu selon la Bible, on sait que les oracles sur les Na\u00adtions servent surtout de miroir \u00e0 Isra\u00ebl\u00a0: les crimes royaux reproch\u00e9s aux Nations sont perp\u00e9tr\u00e9s en Isra\u00ebl, et donc les ch\u00e2timents pr\u00e9vus pour les Nations tomberont sur Isra\u00ebl, et aggrav\u00e9s du fait qu\u2019Isra\u00ebl a \u00e9t\u00e9 choisi entre les Nations.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>.\u00a0<em>II\u00a0Rois<\/em>, ch.\u00a025, v.\u00a016-17, et <em>J\u00e9r\u00e9mie<\/em>, ch.\u00a052, v.\u00a020-23. Le r\u00e9dacteur de l\u2019ultime exploit de Samson ruinant le temple philistin de Dag\u00f4n se focalise sur ses colonnes (<em>Juges<\/em>, ch.\u00a016, v.\u00a022-30). Ironie \u00e0 distance, entre le temple du faux dieu et le Temple de YHWH, refus\u00e9 par YHWH, la diff\u00e9rence serait infime sans la d\u00e9votion que porte le r\u00e9dacteur des <em>Rois<\/em> aux colonnes perdues du Temple de YHWH.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TRANSMISSION OU TRADITION le secret du vallon &nbsp; \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Transmission\u00a0? le message passe identique d\u2019un camp \u00e0 l\u2019autre. Tradition\u00a0? le message passe d\u2019un homme \u00e0 un homme, de fa\u00e7on souple&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1007,934],"class_list":["post-7724","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","tag-bible","tag-vie-spirituelle","clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7724","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7724"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7724\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7724"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7724"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7724"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}