{"id":4197,"date":"2015-04-24T17:53:50","date_gmt":"2015-04-24T15:53:50","guid":{"rendered":"http:\/\/lesalternativescatholiques.fr\/?p=4197"},"modified":"2016-08-28T11:21:49","modified_gmt":"2016-08-28T09:21:49","slug":"eumeswil-ou-la-parabole-de-la-geole-trois-epis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/?p=4197","title":{"rendered":"Eumeswil, ou la parabole de la ge\u00f4le trois \u00e9pis"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Eumeswil\u00a0\u00bb est un roman tardif d\u2019Ernst J\u00fcnger. Il est publi\u00e9 en 1977\u00a0; \u00e0 cette date, ni l\u2019auteur ni le monde qui l\u2019entourent ne ressemblent plus aux temps des \u00ab\u00a0Orages d\u2019acier\u00a0\u00bb. L\u2019auteur y brosse une cit\u00e9 utopique, mais certes pas enthousiasmante, qui somnole dans un \u00e9tat de posthistoire aussi bien que de postd\u00e9mocratie. Eumeswil est peupl\u00e9 d\u2019individus aupr\u00e8s de qui aucune id\u00e9e, aucune valeur, aucune forme de pens\u00e9e complexe n\u2019est prise au s\u00e9rieux, ni tenue en quelque estime. Elle est domin\u00e9e par un tyran appel\u00e9 le Condor.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le narrateur cumule les fonctions d\u2019historien et de steward au palais du tyran du moment. Il tire de ces deux postes privil\u00e9gi\u00e9s de m\u00e9ticuleuses observations du pr\u00e9sent mises en lumi\u00e8re par l\u2019\u00e9tude du pass\u00e9 et ce sont elles qui forment l\u2019essentiel du livre. Plut\u00f4t qu\u2019un roman, \u00ab\u00a0Eumeswil\u00a0\u00bb est la radiographie de cette \u00e9trange cit\u00e9 par ce non moins \u00e9trange observateur. Jusqu\u2019\u00e0 ces derni\u00e8res pages o\u00f9 le Condor convie le narrateur comme scientifique accompagnateur d\u2019une exp\u00e9dition dans les immenses et terrifiantes for\u00eats qui s\u2019\u00e9tendent au sud \u2013 exp\u00e9dition dont, bien entendu, nul ne revient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi se plonger dans cette \u0153uvre bizarre, \u00e0 l\u2019\u00e9criture alambiqu\u00e9e, et jamais r\u00e9\u00e9dit\u00e9e en fran\u00e7ais\u00a0? Vous l\u2019avez devin\u00e9\u00a0: parce qu\u2019Eumeswil est tout pr\u00e8s de nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette cit\u00e9-Etat \u00ab\u00a0d\u00e9cadente\u00a0\u00bb, point d\u2019esp\u00e9rance, de transcendance, ni m\u00eame de pens\u00e9e, et les hommes qui se complaisent \u00e0 ne plus croire en rien de tout cela\u00a0; y triomphe la figure de l\u2019Anarque, incarn\u00e9e par le narrateur. L\u2019anarque, figure sp\u00e9cifique \u00e0 J\u00fcnger, n\u2019est pas un anarchiste qui lutterait contre toute forme de pouvoir et de loi. C\u2019est un observateur r\u00e9ticent qui \u00ab\u00a0conna\u00eet la loi, sans la reconna\u00eetre\u00a0\u00bb et a \u00ab\u00a0banni la soci\u00e9t\u00e9 de lui-m\u00eame\u00a0\u00bb. Il ne combat pas le pouvoir\u00a0: il en prend acte, mais s\u2019en extrait par une absolue libert\u00e9 d\u2019esprit. Il n\u2019en vit pas moins au c\u0153ur de cette soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019il bannit de lui-m\u00eame, et b\u00e9n\u00e9ficie de ses ressources. Posture sans issue, et d\u2019ailleurs le narrateur finira par accompagner le dictateur dans une exp\u00e9dition-suicide. On pourrait dire avec un brin de malveillance que l\u2019anarque, dans son positionnement vis-\u00e0-vis de la soci\u00e9t\u00e9 des hommes, n\u2019est pas bien autre chose que le chat d\u2019appartement, version bip\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce qui m\u2019int\u00e9resse dans ce roman est moins le narrateur que le d\u00e9cor. Au d\u00e9part, je soup\u00e7onnais le dernier Houellebecq de s\u2019en \u00eatre quelque peu inspir\u00e9. Les d\u00e9bats en cours sur la \u00ab\u00a0loi Renseignement\u00a0\u00bb m\u2019am\u00e8nent \u00e0 aller plus loin\u00a0: sommes-nous d\u00e9j\u00e0 des Eumeswiliens, avant m\u00eame que d\u2019avoir un Condor \u00e0 notre t\u00eate\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand s\u2019ouvre le roman, Eumeswil est donc une cit\u00e9-Etat gouvern\u00e9e par un despote. Ce dernier m\u00eale autoritarisme policier et tol\u00e9rance paterne. On peut y voir un mod\u00e8le tir\u00e9 des tyrans antiques, mais plus encore une pr\u00e9monition de ce que notre temps appelle le <em>soft power<\/em>. Quant \u00e0 ces opposants tol\u00e9r\u00e9s, dans une cit\u00e9 d\u00e9politis\u00e9e jusqu\u2019au tr\u00e9fonds d\u2019elle-m\u00eame, ils ne sont plus gu\u00e8re que d\u2019inoffensifs guignols, des figures de quasi folklore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">P\u00e9riodiquement, des r\u00e9volutions font alterner au pouvoir les tyrans comme le Condor et les Tribuns, des sortes de d\u00e9magogues professionnels. Le tout sans que la population y voie la guerre du despotisme et de la libert\u00e9, du reste. Eumeswil, les tribuns et le Condor, c\u2019est un peu cette \u00eele des Brigadiers visit\u00e9e par Phil\u00e9mon o\u00f9 \u00ab\u00a0avant les brigadiers, c\u2019\u00e9taient les guignols qui avaient le pouvoir\u2026 mais ce n\u2019\u00e9tait pas mieux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n\u2019est pas mieux, et on fait tout au plus semblant d\u2019y voir une diff\u00e9rence. De toute fa\u00e7on, les uns et les autres auraient-ils m\u00eame des id\u00e9ologies diff\u00e9rentes, des programmes diff\u00e9rents, que personne \u00e0 Eumeswil ne le prendrait plus au s\u00e9rieux. Bien moins qu\u2019un fait divers devant un bordel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sans id\u00e9es, Eumeswil est aussi une cit\u00e9 sans Histoire. Le temps semble y \u00eatre arr\u00eat\u00e9 ou devenu cyclique, bien que \u00ab\u00a0les catacombes\u00a0\u00bb y injectent un certain progr\u00e8s technique, qui ne remet plus rien, fondamentalement, en cause \u2013 notons que le \u00ab\u00a0luminar\u00a0\u00bb, outil de travail du narrateur-historien, pr\u00e9figure Internet et nos moteurs de recherche. Chacun y vaque \u00e0 ses affaires dans une indiff\u00e9rence cynique \u00e0 tout, en d\u00e9pit d\u2019une agitation de fa\u00e7ade. L\u2019\u00e9conomie semble r\u00e9duite \u00e0 l\u2019intemporel\u00a0: le march\u00e9, les lupanars. Tout le reste est tomb\u00e9\u00a0: non seulement les id\u00e9es politiques, mais les religions et convictions philosophiques, les valeurs humaines \u2013 tout est dilu\u00e9, rien n\u2019existe, et les meules tournent \u00e0 vide sous un soleil de plomb. Un tr\u00e8s visible lib\u00e9ralisme tient l\u2019Etat \u00e0 distance des individus, comme le Condor contr\u00f4le son peuple depuis sa forteresse de la Casbah, ou comme un peloton cycliste contr\u00f4le \u00e0 distance les \u00e9chapp\u00e9s condamn\u00e9s d\u2019avance. Chacun vit une vie born\u00e9e \u00e0 conduire ses petites affaires, sans but et dans un vide absolu. Les citoyens de cette \u00e9trange cit\u00e9, les fellahs comme les surnomme le narrateur, ne peuvent \u00e9voquer que les personnages d\u2019un man\u00e8ge de chevaux de bois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout est permis sur le march\u00e9, mais rien n\u2019est possible, puisque plus rien n\u2019est pensable \u2013 rien, sauf s\u2019enfoncer dans la For\u00eat. March\u00e9 libre, soft power et relativisme cynique absolu, Eumeswil pourrait bien pr\u00e9figurer la quintessence de notre si\u00e8cle, dans la perfection aboutie d\u2019une cellule, carr\u00e9e, peinte en blanc, proprette, \u00e9clair\u00e9e d\u2019un n\u00e9on bien aux normes, et mur\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La For\u00eat qui existe \u00e0 quelque distance d\u2019Eumeswil, c\u2019est mat\u00e9riellement une sorte de jungle \u00e9quatoriale, o\u00f9 tous les fantasmes des historiens antiques et m\u00e9di\u00e9vaux auraient pris corps\u00a0: imp\u00e9n\u00e9trable, peupl\u00e9e de cr\u00e9atures terrifiantes, lieu de cauchemar et n\u00e9anmoins fascinant, Inconnu par excellence. Spirituellement, c\u2019est l\u2019ultime refuge de l\u2019inconnu, du non ma\u00eetris\u00e9. C\u2019est la seule \u00e9vasion possible, c\u2019est la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u00fcnger ne dit rien, ou si peu, du chemin qui \u00e0 ses yeux m\u00e8ne \u00e0 Eumeswil. Il semble qu\u2019\u00e0 ses yeux nos cit\u00e9s dussent y finir comme la pente m\u00e8ne le ruisseau \u00e0 la mer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autant nous demander si nous n\u2019y sommes pas d\u00e9j\u00e0. Relativisme, manque d\u2019alternatives, r\u00e8gne du tangible et du mat\u00e9riel jusqu\u2019\u00e0 la naus\u00e9e, voil\u00e0 qui nous est familier. Quant au Condor ou aux Tribuns, aux brigadiers ou aux guignols, est-il vraiment important de savoir qui est au pouvoir aujourd\u2019hui et qui le sera demain\u00a0? L\u2019un ou l\u2019autre, ce ne sera pas mieux, nous le savons d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais nous sommes pr\u00eats \u00e0 nous vendre au premier Condor venu. Hier, la France \u00ab\u00a0\u00e9tait Charlie\u00a0\u00bb, clamait son refus de la peur face au terrorisme. Aujourd\u2019hui, en fin de compte, sacrifier la libert\u00e9 \u00e0 une hypoth\u00e9tique lutte antiterroriste s\u00e9duit 70% des Fran\u00e7ais, aux derniers sondages. Demain, peut-\u00eatre, c\u2019est l\u2019id\u00e9e qu\u2019il ne faut pas se pr\u00e9occuper de politique, qu\u2019il est juste que cela vaille des ennuis, qui aura fait son chemin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des atteintes aux libert\u00e9s individuelles\u00a0? La libert\u00e9 \u00ab\u00a0individuelle\u00a0\u00bb\u00a0? Peuh\u00a0! Il est bien question du sacro-saint individu\u00a0! Que non\u00a0; le Condor aime savoir \u00e0 toutes fins utiles tous nos petits travers domestiques, cela peut toujours servir\u00a0; mais il lui est beaucoup plus agr\u00e9able que toute personne qui pense se sache \u00e9pi\u00e9e. C\u2019est moins notre libert\u00e9 individuelle que notre libert\u00e9 collective qui meurt l\u00e0. Quand le spectre d\u2019une surveillance accrue et d\u2019un classement parmi les terroristes potentiels aura dissuad\u00e9 en masse les citoyens de tout engagement, de toute pens\u00e9e relative \u00e0 la Cit\u00e9, notre Condor pourra bien nous conc\u00e9der une libert\u00e9 individuelle absolue. Nous ne pourrons plus rien en faire. Morte la libert\u00e9 collective, morte la libert\u00e9 de s\u2019unir, la libert\u00e9 de penser au monde ensemble, le petit levier de notre libert\u00e9 d\u2019individu suffira tout juste \u00e0 nous extirper du man\u00e8ge pour nous enfoncer dans la For\u00eat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c\u2019est bien ce que fait la figure de la libert\u00e9 individuelle\u00a0: Venator, le narrateur, l\u2019anarque, part dans la For\u00eat et n\u2019en revient jamais. Un choix libre, et pourtant jou\u00e9 d\u2019avance, truqu\u00e9, pip\u00e9\u00a0; car autour du man\u00e8ge, il n\u2019y avait que la For\u00eat pour accueillir le cheval de bois brisant le pacte. Il fallait y penser avant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019elle est paisible, qu\u2019elle est douce la ge\u00f4le Eumeswil\u00a0! On ne s\u2019y pr\u00e9occupe de rien, hormis de soi-m\u00eame. On y mange, on y boit, on s\u2019y enivre et le reste ne manque pas non plus. Y sommes-nous d\u00e9j\u00e0\u00a0? La porte est-elle ferm\u00e9e\u00a0? Mais la porte d\u2019Eumeswil n\u2019est jamais ferm\u00e9e. Chacun est toujours libre d\u2019en partir\u00a0: il n\u2019y a simplement nulle part o\u00f9 aller. Ainsi est-ce dans les esprits que les portes, pour toujours, se verrouillent\u00a0: portes du pass\u00e9, de l\u2019avenir, et du Ciel\u00a0; ne reste, pour les anarques, ultimes d\u00e9positaires d\u2019une libert\u00e9 amput\u00e9e qui ne sert plus \u00e0 rien, ou pour les fous, que la derni\u00e8re, celle de l\u2019enfer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tant que nous pouvons choisir autre chose qu\u2019Eumeswil ou la For\u00eat, rien n\u2019est perdu, mais il faut se d\u00e9p\u00eacher.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Eumeswil\u00a0\u00bb est un roman tardif d\u2019Ernst J\u00fcnger. Il est publi\u00e9 en 1977\u00a0; \u00e0 cette date, ni l\u2019auteur ni le monde qui l\u2019entourent ne ressemblent plus aux temps des \u00ab\u00a0Orages d\u2019acier\u00a0\u00bb.&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":4198,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4197","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","clearfix"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4197"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4197\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4198"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lesalternativescatholiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}